Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / À LA UNE / Politique / Comores : des élections sous haute surveillance

Comores : des élections sous haute surveillance

Après avoir menacé de déraper au lendemain du second tour organisé le 10 avril, l’élection présidentielle comorienne, micro-archipel de l’océan Indien situé au large du Mozambique, semble avoir retrouvé les chemins de la légalité constitutionnelle. Le scrutin partiel organisé ce mercredi 11 mai à Anjouan clôture un processus électoral aussi long que tendu dans l’archipel qui, depuis un mois, attend de connaître le nom de son futur président. Quelque 6.300 électeurs comoriens sont donc de nouveau appelés à voter aujourd’hui.

Des résultats très serrés

Le colonel Assoumani, qui a déjà occupé la fonction suprême de 1999 à 2006, est arrivé en tête du second tour le 10 avril, avec 40,98% des suffrages, selon les résultats provisoires. Mais il devance de seulement 2.000 voix son principal adversaire, Mohamed Ali Soilihi dit « Mamadou » (39,87%).

Pour cette élection partielle qui concerne un peu plus de 6 200 électeurs, répartis dans six communes de l’île. Les premiers résultats pourraient être connus dès jeudi, les urnes devant être expédiées sous scellés à Moroni dès la fin des votes pour y être dépouillées.

La Cour constitutionnelle s’occupe en effet elle-même du décompte final. Ces derniers suffrages viendront s’ajouter et compléter ceux exprimés dans le reste du pays lors du second tour et qui n’ont toujours pas été officialisés par les « sages », seuls habilités à proclamer le vainqueur.

Une élection dans la violence

Le second tour de la présidentielle aux Comores avait été émaillé de violences, principalement sur l’île d’Anjouan où des urnes avaient été saccagées et des personnes agressées dans des bureaux. Au total, 6.305 électeurs dans 13 bureaux de vote n’ont pas pu s’exprimer, selon la Cour constitutionnelle qui a ordonné de réorganiser le scrutin dans ces localités d’Anjouan.

Des mesures de sécurité ont été prises pour éviter des débordements aujourd’hui, dans un pays qui a connu une vingtaine de coups d’Etat et tentatives depuis son indépendance de la France en 1975. Des policiers anti-émeute ont été déployés à Anjouan, où s’est rendu pour l’occasion le chef d’état-major Youssouf Idjihadi.

L’Union africaine a elle appelé les Comoriens à « éviter la violence ». Si l’ancien putschiste et président (entre 1999 et 2006) évite les déclarations incendiaires, son allié de circonstance, Abdallah Sambi, a moins de pudeur.
En effet, l’ancien chef de l’État jusqu’en 2011 aurait appelé, selon plusieurs témoins d’un de ses meetings de campagne, « à sortir les coupe-coupes » en cas de victoire de Mamadou. Il est également accusé de recevoir de l’argent de Téhéran pour arroser les campagnes reculées de l’île d’Anjouan dont il est originaire.

Une fois les premiers chiffres annoncés, la cour constitutionnelle dispose de deux jours pour étudier les éventuels recours, avant de donner les résultats définitifs du scrutin, au plus tard le 17 mai. Le calendrier électoral prévoit toujours l’investiture du successeur de l’actuel président Ikililou Dhoinine, pour le 24 mai.

La rédaction

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )