dimanche, 4/12/2016 | 9:17 UTC+1
Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / À LA UNE / AI BUSINESS / LES CLEFS DU BUSINESS / LES CLEFS DU BUSINESS : vers un marché commun africain plus intégré que l’Europe ?
Emblème_de_l'Union_africaine.svg

LES CLEFS DU BUSINESS : vers un marché commun africain plus intégré que l’Europe ?

L’intégration africaine était, dans les années 1960, l’un des plus grands projets des pays africains. Cinquante ans après, les ambitions des pionniers n’ont pas encore trouvé leur juste expression, mais l’accélération économique du Continent pourrait accélérer ce mouvement.

L’observation de la situation générale de l’Afrique fait remarquer deux causes principales qui sont de nature à freiner l’intégration régionale en Afrique : l’instabilité politique longtemps chronique et la multiplicité des organisations internationales parfois concurrentes.

L’Afrique doit encore fournir des d’efforts pour s’intégrer pleinement dans l’économie mondiale. Enfermés dans un d’espace socio-économique étroit issu de la décolonisation, les Etats africains savent la nécessité de dépasser leur cadre national. La cohérence dans le cadre de l’intégration régionale suppose la construction d’une zone qui aboutit à une interdépendance structurelle entre différents Etats qui ont une proximité dans l’espace.

Une des idées phares du développement en Afrique est donc de mettre en œuvre des synergies et une cohésion entre les différences organisations régionales auxquelles sont liées les Etats africains membres. Une telle prise de conscience s’est traduite progressivement par la création de multiples organisations internationales dont certaines s’apparentent à des structures de coopération et d’autres qui revêtent la forme d’organisations ayant pour finalité la réalisation de l’intégration des différentes régions en Afrique.

L’intégration africaine était dans les années 1960 le plus grand projet des pays africains. Cinquante ans après, ce chantier n’a pas assez avancé. L’intégration efficace – en particulier dans l’Afrique Subsaharienne – a été contrainte par des infrastructures régionales insatisfaisantes et une collection contradictoire de cadres légaux et institutionnels.

Aujourd’hui, l’évolution économique du Continent fait de nouveau prendre conscience de la nécessité pour ses Etats de s’unir d’avantage pour relever ensemble les défis par une politique commune et parler d’une voix plus cohérente au concert des Nations. Les parties prenantes s’accordent à dire que cette intégration africaine est vitale pour la croissance et les données statistiques montrent en effet que les mécanismes d’intégration contribuent à la prospérité des pays membres.

En juillet 2003, l’Union africaine a remplacé l’Organisation de l’unité africaine. L’UA pourrait donner le second souffle au processus d’intégration dont l’Afrique à besoin et ancrer son unité économique et politique. En vue d’accélérer le processus, les pays africains ont récemment adopté le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), qui constitue l’une des initiatives les plus importantes de ces dernières années.

La réalisation de ces objectifs pourrait s’accélérer avec une modernisation des institutions existantes. L’unité devra peut-être commencer par ceux qui sont d’accord. Une autre solution serait de bâtir dans un premier temps un projet économique avant de l’étendre à une union plus globale.

Dans ce contexte, il convient de noter que l’actuel « déficit d’Etat » africain que l’on pointe souvent du doigt pourrait finalement se révéler un atout pour bâtir un espace de gouvernance plus grand et plus intégré que l’Europe. L’évolution positive des Etats africains aujourd’hui plus démocrates et moins corrompus est indéniable et leur fierté retrouvée depuis les promesses de développement économique favorisent, en effet, l’émergence d’une nouvelle ambition pour les relations dites « sud / sud ».

Intégration: et si l’Afrique faisait mieux que l’Europe

Il n’est donc pas interdit de parier que la capacité de l’Afrique à accélérer son développement régional pour structurer une gouvernance continentale plus globale et plus homogène. Celle-ci pourrait même se révéler finalement supérieure à celle de l’Europe qui peine à se réformer pour atteindre un même objectif. Le Premier ministre britannique David Cameron, n’a-t-il pas estimé récemment qu’une zone de libre-échange africaine pourrait accroître le PIB de l’ensemble du continent de 60 milliards de dollars par an, soit 20 milliards de plus que le montant de l’aide internationale accordée à l’Afrique ?

Il est effectivement plus aisé d’accélérer le renforcement d’unions relativement jeunes comme l’UEMOA, la CEMAC, la SADEC ou la COMESA et leurs institutions dans un contexte de croissance, que de tenter de réformer le centralisme et les nationalismes européens (plus anciens) par temps de décroissance.

Par François de Senneville

FDSFrançois de Senneville a rejoint Fieldfisher Paris en janvier 2016, en qualité d’associé pour y créer, développer et diriger son pôle d’expertises dédié à l’Afrique. Passionné par l’Afrique, François est reconnu pour son expertise en matière de fiscalité internationale, et de droit des affaires africain (notamment OHADA). Il assiste depuis plus de vingt-cinq ans de grands groupes internationaux dans leurs projets de développement, de réorganisation de leurs activités internationales et de structuration de leurs acquisitions. Avant de rejoindre Fielfdfisher Paris, François a dirigé le Pôle Fiscal Afrique Francophone du cabinet Deloitte entre 2008 et 2012 et conseillait ses clients dans le cadre de leur implantation et de leur développement à travers 17 pays d’Afrique francophone. A partir de 2012 il crée et développe le Desk Afrique du cabinet Lazareff Le Bars, dédié au droit fiscal et au droit des affaires ainsi qu’à l’arbitrage international.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )