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LES CLEFS DU BUSINESS : le commerce intra-africain, un catalyseur pour la croissance

Alors que la croissance sur les marchés développés comme l’Europe, la Chine et l’Afrique du Nord continue à stagner, une plus grande intégration régionale en Afrique, tous acteurs confondus, est nécessaire pour tirer parti du potentiel de croissance du continent.

Si l’on compare les statistiques du commerce intra-régional, les chiffres de l’Afrique demeurent parmi les plus faibles au monde, avec moins de 20 % de la production régionale qui reste sur le continent.

« Cela signifie, en substance, que plus de 80 % de la production africaine est exportée, principalement vers l’Union européenne, la Chine et les États-Unis. Par comparaison, plus de 65 % du commerce européen se fait sur son propre continent et, en Amérique du Nord, cela s’élève à environ 50 %(1) », selon Hennie Heymans, PDG de DHL Express en Afrique subsaharienne.

D’après le dernier rapport sur les perspectives de l’économie mondiale du FMI en avril 2016, les économies en développement et les marchés émergents vont continuer à représenter une part importante de la croissance économique mondiale en 2016, dont la prévision est estimée à un taux de 3,2 %. Le rapport révèle également qu’il est estimé que la croissance en Afrique subsaharienne devrait rester faible cette année, à 3 %, soit à -0,4 points par rapport à 2015.

« Le recul de la croissance en Afrique subsaharienne est influencé par des facteurs tels que la croissance ralentie et modérée des marchés développés comme la Chine, de même que par la révision à la baisse de la croissance pour les pays exportateurs de pétrole de la région. »

Le commerce intra-africain a un énorme potentiel catalyseur sur l’investissement et la favorisation de la croissance sur le continent. « Pour garantir que l’Afrique est équipée pour maintenir et dépasser sa courbe de croissance à 4 % en 2017(2), les leaders économiques, le gouvernement et la communauté doivent travailler ensemble pour faire de l’Afrique un endroit plus adapté pour y faire des affaires et pour stimuler le commerce entre les différents pays africains. » analyse encore Hennie Heymans.

« Les blocs commerciaux comme la SADC (la Communauté de développement d’Afrique australe), l’EAC (la Communauté d’Afrique de l’Est), l’ECOWAS (la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), promeuvent tous le commerce transfrontalier et se concentrent sur les moyens de faciliter le commerce et réduire la bureaucratie dans la région. Cependant, il faut en faire encore davantage pour connecter et encourager la circulation transfrontalière des marchandises, des services, des personnes et du capital en Afrique.

La Banque mondiale a récemment rapporté(3) que les coûts du commerce intra-africain sont estimés être environ 50 % plus élevés qu’en Asie orientale du fait du nombre d’autorisations requises lors du transport de marchandises au-delà de certaines frontières ou des taxes exigibles pour les périodes d’attente prolongée à la frontière. Un autre problème réside dans la variation des valeurs de minimis dans la région. En Angola par exemple, la valeur de minimis est de 350 dollars américains (pour une importation via Luanda) alors qu’au Zimbabwe, elle est de 10 dollars américains. La variation des valeurs peut souvent rendre difficile pour les entreprises de prévoir des stratégies d’expansion des marchés en Afrique.

D’un autre côté, une nouvelle loi américaine a simplifié les expéditions vers les États-Unis en augmentant la limite de minimis des importations de 200 dollars à 800 dollars, ce qui signifie que les marchandises dont la valeur est inférieure à 800 dollars ne nécessitent pas de procédures douanières officielles et ne sont pas sujettes à taxes ou droits de douanes. Hennie Heymans précise qu’à la lumière des mauvaises prévisions de croissance mondiale, le moyen de changer la donne pour que l’Afrique progresse résidera dans sa capacité à stimuler la connectivité et le commerce intra-africain.

« Le gouvernement et le secteur privé doivent continuer à travailler ensemble pour créer un environnement durable et inclusif, et travailler sur des solutions qui permettent aux entreprises africaines de faire des affaires dans leur environnement local et régional », conclut Hennie Heymans.

La rédaction

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