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Burundi : un général Tutsi et sa famille tués, le pays dans le viseur de la CPI

Atmosphère très tendue au Burundi où le climat de violence perdure. Un général tutsi, conseiller du 1er vice-président burundais en matière de sécurité, a été tué, ainsi que son épouse et sa fille, dans une attaque menée lundi matin à Bujumbura par des hommes non identifiés, a-t-on appris de sources sécuritaires. Par ailleurs, la Cour pénale internationale a annoncé l’ouverture d’un examen préliminaire sur les récentes violences.

téléchargementLe général Athanase Kararuza était en train de déposer sa fille devant le lycée du Saint-Esprit dans le quartier de Gihosha lundi vers 07H15 (05H15 GMT) lorsqu’il a été attaqué et tué par un groupe fortement armé, a rapporté à l’AFP un haut responsable burundais, sous couvert d’anonymat.

« Ils l’ont attaqué à la roquette et à la grenade, sa garde a essayé de répliquer mais malheureusement, le général Kararuza et son épouse ont été tués sur le champ », a-t-il dit.

« Sa fille a succombé à ses blessures à l’hôpital, alors que les médecins tentaient l’impossible pour la sauver », a poursuivi le responsable burundais.

Plusieurs autres sources sécuritaires haut placées et le responsable de la communication de la présidence burundaise, Willy Nyamitwe, ont confirmé l’attentat et la mort du général.

Le général Kararuza, issu de l’ancienne armée dominée par la minorité tutsi, les ex-FAB (Forces armées du Burundi), a été notamment commandant adjoint de la composante militaire de la mission de paix de l’ONU en République centrafricaine entre fin 2013 et fin 2015.

Il avait été récemment nommé conseiller du 1er vice-président burundais, Gaston Sindimwo, issu de la minorité tutsi. La constitution du Burundi prévoit que le 1er vice-président soit issu d’une ethnie et d’un parti différents de ceux du chef de l’Etat.

« Ceux qui ont tué mon collègue le général Kararuza et (perpétré) d’autres attaques similaires sont dans la logique de diviser l’armée et la police », a dénoncé dans un tweet Willy Nyamitwe.

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé sa candidature en avril 2015 à un troisième mandat, qu’il a obtenu un juillet au terme d’une élection controversée. Les violences ont déjà fait plus de 500 morts et poussé plus de 270.000 personnes à quitter le pays.

Aux termes de l’accord d’Arusha qui a mis fin à la guerre civile (1993-2006) entre plusieurs rébellions hutu et l’armée alors majoritairement tutsi, la police et l’armée sont paritaires au Burundi, un pays où les Hutu représentent 85% de la population et les Tutsi 14%.

Selon des sources concordantes, la crise actuelle divise profondément la police et l’armée et menace la cohésion née de l’accord de paix d’Arusha en leur sein.

L’attentat contre le général Kararuza s’inscrit dans un contexte de recrudescence des assassinats ciblés au Burundi depuis le mois de mars.

Dimanche soir, un autre officier tutsi de la police, qui travaillait pour le Service national de renseignement (SNR, services secrets qui dépendent directement du président Nkurunziza) a été grièvement blessé tandis que son épouse et un domestique ont été tués.

Et plus tôt dans la journée de dimanche, le ministre en charge des Droits de l’Homme, Martin Nivyabandi et son épouse avaient été légèrement blessés dans une attaque à la grenade alors qu’ils sortaient d’une messe à Bujumbura, a annoncé à l’AFP le maire de la ville.

Les responsables de ces attaques, décrits à chaque fois comme « de véritables commandos militaires », ont pu prendre la fuite, selon des sources policières.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a annoncé lundi l’ouverture d’un examen préliminaire, étape préalable à une enquête, sur les violences commises au Burundi depuis avril 2015.

Après avoir examiné des rapports « faisant état de meurtres, d’emprisonnements, d’actes de torture, de viols et autres formes de violence sexuelle… », Fatou Bensouda a conclu que ces actes « semblent relever de la compétence de la Cour ».

« J’ai par conséquent décidé d’entamer un examen préliminaire en ce qui concerne la situation qui prévaut au Burundi depuis avril 2015 », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Un examen préliminaire sert à déterminer s’il existe une « base raisonnable » pour ouvrir une enquête, a-t-elle précisé : « le procureur est tenu d’analyser en particulier les questions liées à la compétence, à la recevabilité et aux intérêts de la justice ».

La rédaction avec AFP

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