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Burundi : la France exige la libération immédiate de ses deux journalistes arrêtés

La France, l’Agence France-Presse et le journal Le Monde ont appelé vendredi les autorités du Burundi à libérer les journalistes français Jean-Philippe Rémy et britannique Philip Moore, arrêtés jeudi soir à Bujumbura.

Nous avons appris avec préoccupation l’arrestation de ces deux journalistes. J’appelle les autorités du Burundi a procéder à leur libération immédiate. Des démarches diplomatiques sont en cours, a déclaré dans un bref communiqué le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

Le quotidien Le Monde a aussi demandé vendredi la libération de ses deux envoyés spéciaux au Burundi, Jean-Philippe Rémy, 49 ans, et Philip Edward Moore, photographe de 34 ans. D’après nos informations, ils ont été interpellés à Bujumbura dans l’après-midi de jeudi par les services de sécurité burundais alors qu’ils rencontraient des opposants, a indiqué Le Monde sur son site.

Phil Moore et Jean-Philippe Rémy ont été arrêtés alors qu’ils exerçaient leur mission d’informer, a déclaré le PDG de l’AFP, Emmanuel Hoog. Ils doivent être libérés au plus vite. Ce nouvel incident grave, après celui subi par notre correspondant Esdras Ndikumana, témoigne de l’extrême difficulté à rendre compte de la situation au Burundi, et des menaces permanentes qui pèsent sur la sécurité des journalistes dans ce pays, a-t-il ajouté.

Dix-sept personnes dont les deux journalistes étrangers ont été arrêtées à Bujumbura, plongé une grave crise depuis fin avril, a annoncé dans la nuit le ministère de la Sécurité publique, qui a ajouté que ces deux étrangers ont été arrêtés en compagnie d’un groupe de criminels armés.

Jean-Philippe Rémy est entré légalement dans le pays le 19 janvier, et Philip Edward Moore le 21 janvier, a précisé Le Monde. Ils étaient tous deux munis de visas et ne faisaient qu’exercer leur métier en rencontrant toutes les parties concernées par les tensions en cours au Burundi.

Journaliste reconnu, Jean-Philippe Rémy, le correspondant régional Afrique du Monde, est basé en Afrique depuis 1998, d’abord à Nairobi (Kenya), et depuis 2009 à Johannesbourg (Afrique du Sud). C’est lui notamment qui en 2013, après deux mois de reportage en Syrie, avait révélé l’utilisation de gaz chimique par le régime syrien. Il avait pour son reportage remporté le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre.

Phil Moore, photographe britannique freelance, travaille régulièrement pour l’AFP.

Esdras Ndikumana, correspondant de longue date au Burundi de l’AFP et de Radio France Internationale (RFI), avait été contraint de se réfugier hors du pays après avoir été arrêté et violemment frappé par les forces de sécurité gouvernementales burundaises, le 2 août 2015 à Bujumbura.

L’Association des journalistes étrangers en Afrique de l’Est (FCAEA) a dit être extrêmement préoccupée par les arrestations des deux journalistes qui sont des professionnels chevronnés, alors qu’ils faisaient leur travail à Bujumbura.

Le Burundi a plongé dans la violence après la répression brutale en avril 2015 de manifestations contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, réélu en juillet dans un scrutin boycotté par l’opposition.

La plupart des médias indépendants ont été contraints de fermer ces derniers mois et de nombreux journalistes, cibles de menaces ou d’attaques, ont dû fuir le pays ou vivent dans la clandestinité.

AFP

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