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Burkina : le président Kafando nomme le lt-colonel Zida Premier ministre

On le présentait comme le candidat de l’armée. Michel Kafando désigné président de la transition du Burkina Faso deux semaines après la chute du président Blaise Compaoré a nommé son prédécesseur le colonel Isaac Zida au poste de Premier ministre de la transition à la surprise générale.

Le colonel Isaac Zida s’accroche au pouvoir. Sa désignation comme Premier ministre de la transition risque de susciter de nouvelles tensions au Burkina Faso. le peuple burkinabè qui a poussé Blaise Compaoré à partir avait pourtant exprimé son refus de voir l’armée occuper les fonctions dirigeantes dans le pays. Pourtant le président intérimaire Michel Kafando a bel et bien nommé Isaac Zida chef du futur gouvernement. Une situation presque inédite. Le Burkina Faso serait ainsi dirigé par un pouvoir mixte civil et militaire. L’annonce officielle de la désignation du colonel Zida comme Premier ministre est intervenu par l’intermédiaire Alain Thierry Ouattara, le secrétaire-général adjoint du gouvernement qui a lu à la presse ce mercredi un décret. Cette nomination démontre que le président de la transition est favorable à un rôle actif de l’armée au sein de la transition. Reste à savoir qui va réellement gouverner le pays. Michel Kafando ou le colonel Zida? Ce dernier a certes tenu sa promesse en cédant son poste à un civil mais n’a visiblement pas renoncé pour au pouvoir. Sa première mission sera de composer son gouvernement dont le visage pourrait fort lui ressembler avec des militaires placés à des postes clefs.

L’armée maintient son emprise sur le Burkina Faso

Michel Kafando a été choisi par 23 membres du Conseil de désignation du président de la transition composé de toutes les forces vives du Burkina Faso, la société civile (5 membres), les partis politiques (5 membres), les autorités coutumières et religieuses (8 membres) et les forces de défense et de sécurité (5 membres). Faute de candidats consensuels et crédibles du côté de l’opposition, l’armée aurait finalement tranché faisant poids de toutes ses forces pour convaincre le Conseil de choisir Michel Kafando, diplomate reconnu sur le plan international. Le choix du colonel Zida pour l’épauler et mener la transition démocratique jusqu’aux élections générales prévues dans 12 mois pose certaines questions sur ses connexions avec l’armée que certains réfutent dans le pays. Ce que d’autres pourrait considérer comme un « renvoi d’ascenseur » risque de rencontrer la désapprobation de la communauté internationale qui souhaitait une transition strictement civile pour succéder au président Compaoré. De plus, la société civile risque de dénoncer une tromperie voire trahison. Elle s’attendait à ce que l’armée rentre dans les casernes pour retrouver ses fonctions régaliennes et jouer comme elle un rôle de « veille ».

La rédaction

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