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Burkina Faso : Vers une fusion totale de l’opposition?

L’opposition s’organise et se structure en vue de la présidentielle de 2015. Elle est le fer de lance de la contestation dans la rue pour protéger l’article 37 de la constitution limitant le mandat présidentiel à deux. Hors dans les rangs du pouvoir, on n’exclut pas de « tripatouiller » la constitution dans le but de maintenir l’actuel président Blaise Compaoré au pouvoir depuis 1987.

La médiation pour trouver une issue à la crise politique burkinabé dirigée par l’ancien chef de l’Etat Jean-Baptiste Ouedraogo a échoué et jeté l’éponge en mars dernier. Depuis l’opposition s’étoffe à mesure que sa rupture avec le pouvoir se renforce de jour en jour. Il faut dire qu’elle doit cette nouvelle impulsion à la vague de défection au sein du parti au pouvoir le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Au début du mois de janvier 75 de ses membres ont claqué la porte, créant ainsi un nouveau parti d’opposition le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). A la tête de cette formation, Roch Marc Christian Kaboré, ex-chef du parti présidentiel et ancien président de l’Assemblée nationale. Ce dernier a conduit le Congrès pour la démocratie et le progrès pendant une décennie avant d’être évincé en 2012. Il apparaît plus que jamais comme celui que l’opposition prédestine à la magistrature suprême. Dans les rangs du MPP figurent également l’ancien et charismatique maire de la capitale Ouagadougou (1995-2012), Simon Compaoré, ou encore l’ex-ministre, homme de confiance du président Compaoré, Salif Diallo.

Le MPP courtisé en faveur de l’alternance pour 2015

Dimanche 7 avril, le MPP a tenu un meeting qui a rassemblé près de 25.ooo militants, une mobilisation forte perçue par le parti de l’opposition comme un signe encourageant. Outre la déclinaison des grandes lignes du programme du MPP, le congrès a installé un bureau politique de 59 membres et établi les règles de fonctionnement du parti. Depuis sa création en janvier dernier, le parti d’opposition enregistre régulièrement de nouveaux venus, nombreux sont des démissionnaires du parti au pouvoir.

Fait marquant, le MPP est désormais courtisé par d’autres partis de l’opposition. Depuis le début du mois d’avril, pas moins de trois partis ont fusionné avec le MPP. Il s’agit du Mouvement du peuple pour le socialisme/Parti fédéral du Dr Emile Paré, candidat malheureux aux élections présidentielles de 2005 et de 2010, de la Convention nationale pour le progrès du Burkina dont les fondateurs avaient été écartés du CDP en avril 2009 et de l’Union des démocrates pour le progrès social de Djéjouma Sanon, ex membre de plusieurs formations politiques. Et de l’avis de nombreux observateurs de la vie politique burkinabé, cette ruée ne fait que commencer. L’objectif affiché est clair : l’implosion du parti au pouvoir en mauvaise posture. Jusqu’ici le CDP s’est reposé sur la multiplicité des partis politiques d’opposition au Burkina Faso, rendant fragile la cohésion au sein du camp adverse au pouvoir. Comme le dit si bien l’adage, l’union fait la force, à condition d’accepter les compromis au profit du consensus sous peine de susciter la division voire l’éclatement.

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