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Burkina Faso : un bras de fer risqué entre pouvoir et opposition

La tension est montée d’un cran au Burkina Faso où l’opposition s’apprête à manifester mardi 28 octobre contre le projet de révision de l’article 37 de la constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. La journée de mardi s’annonce très tendue, l’opposition craint un passage en force du pouvoir sur la question.

L’opposition burkinabé n’a pas attendu l’annonce officielle d’un référendum pour descendre dans la rue, ce qu’elle fera à nouveau mardi 28 octobre. Cette fois le contexte est un peu différend, il ne s’agit pas seulement d’un référendum mais d’un éventuel passage en force du pouvoir pour modifier l’article 37 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. La fracture semble bel et bien consommée entre l’opposition et le pouvoir, celui-ci pourrait  commettre l’irréparable. Jusqu’ici, le président Blaise Compaoré a pris soin d’avancer ses pions sans dévoiler ses intentions mais l’opposition a toujours fait preuve de vigilance. En initiant un dialogue politique, le pouvoir espérait obtenir un consensus tandis que la classe politique d’opposition visait plutôt une sortie honorable pour l’actuel chef de l’état. Un jeu de dupe en quelque sorte. L’échec de la médiation politique dirigée par l’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo  était donc prévisible, les manifestations successives organisées avec succès par l’opposition également.

Le pouvoir déroule sa stratégie

Acte II, l’exécutif confirme la tenue probable d’un référendum en annonçant un projet de loi portant sur la révision de la Constitution. A cet égard, le président Blaise Compaoré invite l’opposition à un dialogue inclusif. Une nouvelle fois, c’est l’impasse. Acte III,  un passage en force n’est pas exclu. En effet, les députés de l’opposition affirment que l’article 37 risque d’être modifié sans un recours au référendum en conclusion du vote pour l’inscription du projet de loi du gouvernement à l’ordre du jour de la session. Le vote a donné 99 voix pour et 28 voix contre. En conséquence, les vingt-huit députés de l’opposition ne cachent pas leur inquiétude de voir le parti au pouvoir obtenir la majorité qualifiée, le 30 octobre prochain. Zéphirin Diabré, le leader de l’opposition, a appelé à une journée nationale de protestation sur toute l’étendue du Burkina Faso le mardi 28 octobre « afin de dire non à la mascarade qui se prépare ». Au delà d’une crise politique consommée, Il faut donc redouter un bras de fer sans précédent entre les deux parties susceptible d’affaiblir le camp présidentiel déjà bien échaudé par une vague de défections. Renforcée, l’opposition compte sur le soutien populaire. Le peuple burkinabé fait figure de troisième arbitre. Il pourrait se laisser séduire par l’alternance politique à la suite des quatre mandats consécutifs déjà exercés par l’actuel chef de l ‘état Blaise Compaoré. Celui-ci est arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat en 1987 en renversant son ex-compagnon d’armes Thomas Sankara, tué lors du putsch. Les circonstances de sa disparition n’ont toujours été élucidé, et le chef de l’état lui-même est accusé d’en être le principal responsable. M. Compaoré a déjà effectué deux septennats (1992-1998 et 1998-2005), et terminera fin 2015 son deuxième quinquennat (2005-2010 et 2010-2015).

La rédaction

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