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Burkina Faso: Le parti au pouvoir veut un référendum pour réviser la constitution

La crise politique risque de se durcir au pays des « Hommes intègres » où il faut s’attendre à une sévère réaction de l’opposition sur le qui-vive depuis plusieurs mois. Samedi, ses soupçons ont été confirmés par le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès. Le CDP a appelé le président Blaise Compaoré à convoquer une consultation populaire en vue de réviser l’article 37 de la constitution limitant le nombre de mandats présidentiel à deux. «Nous lançons un vibrant appel au président du Faso à user de ses prérogatives constitutionnelles pour convoquer le corps électoral pour un scrutin référendaire relatif à la modification de l’article 37», a déclaré la secrétaire exécutive nationale adjointe, chargée de la communication du CDP, Jocelyne Vokouma. En outre le parti au pouvoir demande expressément des mesures pour installer le Sénat.

La balle est dans le camps du président Blaise Compaoré dont le silence sur ses intentions en vue de la présidentielle de 2015 ne souffre d’aucun doute au sein de l »opposition persuadée que le chef d’état au pouvoir depuis 1987 manoeuvre pour se maintenir au pouvoir. Une opposition soutenue par la société civile et les syndicats du pays hostiles à l’installation de la chambre haute et à une modification de la constitution si bien que dans les rangs de la fronde pour l’alternance en 2015, on dénonce d’ores et déjà « un coup d’état constitutionnel ». Même dans les rangs de la coalition au pouvoir, on fustige une éventuelle modification de l’article 37. C’est le cas de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA).

Des membres de l’opposition privés de passeports diplomatiques

Si le président Blaise Compaoré tarde à éclairer la lanterne de ses concitoyens, sa récente décision d’annuler les passeports diplomatiques de plusieurs responsables et militants du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, créé par des démissionnaires du parti présidentiel), sème le trouble. Une quarantaine de cadres du MPP sont privés de passeport diplomatique depuis le 18 avril. Faut-il interpréter cette décision présidentielle comme une mesure de rétorsion à l’encontre des dissidents du parti au pouvoir? Selon le ministre burkinabè des Affaires étrangères Djibrill Bassolé l’annulation des passeports diplomatiques des membres du MPP vise à protéger l’image et les intérêts du Burkina Faso. « à partir du moment où le président du Faso pense que ces détenteurs de passeports diplomatiques, voyagent avec ce document pour dénigrer, parler mal de lui, et salir le pays, c’est son droit de les leur retirer’’ a-t-il précisé, pour justifier la décision du président B. Compaoré.

Le Mouvement du peuple pour le progrès a été fondé le 25 janvier dernier à la faveur d’une vague de démission au sein du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Le parti est dirigé par Roch Marc Christian Kaboré, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien n°1 du CDP. Dans l’actuel bureau politique du parti, on retrouve d’anciens membres influents du CDP dont Salif Diallo, plusieurs fois ministres et ancien n°2 du parti au pouvoir, Simon Compaoré, ancien maire de Ouagadougou. Le 7 avril dernier, le MPP s’est fendu d’une démonstration de force en rassemblant 25.000 militants lors d’un meeting visant à installer son bureau politique. Depuis l’échec de la médiation pour trouver une issue à la crise politique en mars, le dialogue est inexistant entre le pouvoir et l’opposition.

Véronique Mansour

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