Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / Politique / Burkina Faso : L’opposition lance une campagne anti-référendum

Burkina Faso : L’opposition lance une campagne anti-référendum

Au Burkina Faso, l’opposition s’organise pour empêcher la tenue d’un référendum sur une modification de l’article 37 de la constitution qui permettrait à l’actuel président Blaise Compaoré de se maintenir à la tête du pays. Elle est persuadée que l’actuel président Blaise Compaoré au pouvoir depuis 1987 envisage de briguer un cinquième mandat en 2015. Le 10 mai dernier, Blaise Compaoré a en effet agité la classe politique en déclarant que les « Burkinabé allaient avoir la liberté de faire un choix pour une modification de la Constitution, et que la majorité allait imposer ce choix ». Pour l’opposition, le jeu est désormais clair car jusqu’ici, les intentions du président burkinabé restaient floues, laissant la majorité présidentielle exprimer le souhait de le voir briguer un cinquième mandat. C’est dans ce contexte qu’en avril dernier, le parti au pouvoir, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a interpellé directement le chef de l’état pour lui demander de convoquer un référendum en vue de réviser l’article 37 de la constitution limitant le nombre de mandats présidentiel à deux.

Une grande manifestation de l’opposition le 31 mai prochain

Jeudi à l’occasion d’une conférence de presse, l’opposition a annoncé une batterie de mesures et de disposition pour contrecarrer les desseins du pouvoir. Un grand rassemblement populaire est prévue le 31 mai prochain au Stade du 4 août de Ouagadougou, la capitale. Il faut s’attendre à une forte mobilisation. La dernière avait rassemblé au moins 10.000 personnes en janvier (trois fois plus selon l’opposition elle-même). « Soucieuse de ne pas laisser un pouvoir à vie s’installer dans notre pays, l’opposition politique invite l’ensemble du peuple burkinabè, à passer à une étape supérieure de la campagne contre la révision de l’article 37 et faire échec au projet de référendum  » a déclaré jeudi le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré. Quand au président de l’UNIR/PS (deuxième force politique de l’opposition), Stanislas Bénéwendé Sankara, il prône la résistance parlementaire des députés de l’opposition en arguant que la Constitution oblige le président de la république à soumettre à l’appréciation préalable du parlement tout projet de référendum qui aurait pour finalité de modifier la Constitution. Par ailleurs, des comités contre le référendum (CCR) devraient être installés sur tous le territoire et au sein de la diaspora. Et pour financer la campagne anti-référendum, l’opposition va lancer une souscription populaire. Elle entend également saisir les institutions africaines (CEDEAO, l’Union africaine) mais également l’Union européenne et le secrétaire général des Nations Unies.

Cela suffira-t-il à faire renoncer Blaise Compaoré ? A priori, non. Le parti au pouvoir a essuyé ces derniers mois une vague de démissions venues renforcer les rangs de l’opposition mais le chef de l’état n’a montré aucun signe de renonciation au pouvoir encore moins après l’échec de la médiation burkinabé visant à régler la crise politique dans le pays en mars dernier. L’atmosphère politique se durcit dans le pays en proie il n’y pas si longtemps en 2011 à une mutinerie au sein de l’armée et à de fortes tensions sociales. En réalité, la crise politique ne fait que commencer…

Véronique Mansour

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )