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Burkina Faso: les cinq clefs de la transition

L’armée va transférer le pouvoir à un civil au Burkina Faso. C’est le diplomate  Michel Kafando âgé de 72 ans qui dirigera le pays durant 12 mois jusqu’aux élections présidentielle et législatives. Le pays amorce l’après-Blaise Compaoré forcé à la démission par le peuple. Quels sont les enjeux de la transition? Décryptage de Pascal Yemboini THIOMBIANO journaliste et ex-directeur de la Radio Télévision du Burkina Faso. 

1 -Michel Kafando, les raison du consensus?

Michel Kafando a vu passer tous les régimes burkinabé. Il a la particularité d’être rester un pur technocrate c’est-à-dire qu’il ne s’est pas du tout mêlé des questions politiques malgré les postes diplomatiques occupés. C’est un point important pour lui. Il s’est tissé un réseau important sur le plan international, cela a joué en sa faveur. En plus de ses diplômes, il n’a pas été impliqué dans des affaires politiques et de corruption. Son âge plaide également en sa faveur, il a 72 ans. A cet âge là, difficile d’avoir des ambitions politiques. Face à lui, il faut préciser qu’aucun candidat ne s’est vraiment dégagé hormis l’Archevêque de Bobo-Dioulasso mais le droit canon n’autorise pas les prélats à faire de la politique. Les autres candidats ne faisaient pas le poids et l’opposition n’a pas trouvé de candidats consensuel. Finalement, on peut dire que c’est l’armée qui a tranché mais on ne peut pas dire qu’il y a une véritable connexion avec l’armée. Michel Kafando est le candidat de l’armée mais sans véritable connexion avec elle.

2- La Charte de la transition : garante du processus démocratique?

La charte a l’avantage de clarifier un certain nombre de choses, les attributions et les missions de chacun des organes de la transition. Plusieurs sous-commissions seront crées, une sous-commission vérité, justice et réconciliation, les autres seront dédiées aux réformes constitutionnelles et institutionnelles, à la réforme électorale, aux  finances publiques et aux médias. Ce qui devrait permettre à la transition de conduire le Burkina Faso à des élections sereines. De mon point de vue, la Charte de la transition est bien conçue. Elle garantie la loi fondamentale. A partir du moment où l’article 37 est verrouillé, il n’y aura pas de dérapages.

3- Les défis à relever?

Les défis sont énormes. Maintenant que Blaise Compaoré est parti, les clivages politiques vont resurgir au grand jour. Les opposant d’hier contre Blaise Compaoré vont aspirer à « prendre le large ». Il faudra gérer cet aspect politique. Il y a aussi le tissu économique et sociale du Burkina Faso qui a été abîmé sans oublier la corruption, la mauvaise gouvernance de l’ancien régime et la justice burkinabè décriée. Les burkinabè ont perdu confiance en leur justice. A charge pour la transition de rétablir cette confiance. Par ailleurs, la transition devra relancer la machine économique en mettant fin aux privilèges et prendre en main le domaine de l’éducation (aujourd’hui, les universités du Burkina Faso sont pleines à craquer). Autre défi à relever, l’insécurité dans le pays causée par les nombreux coupeurs de routes en province.

4- Et l’armée?

L’armée devrait retrouver ses fonctions régaliennes autrement dit garantir l’ordre et la sécurité. L’armée est en pole position et elle veillera à ce que la transition tienne ses engagements. Elle agitera le « foulard rouge si elle a l’impression de l’on traîne des pieds.

5- Le rôle des autres forces vives de la nation?

Pour la société civile, son rôle sera le même que celui de l’armée, un rôle de veille. Au niveau des partis politiques, il faut savoir que la bataille est ouverte. L’ancienne opposition est déjà en campagne. Elle sera active sur le terrain politique tandis que l’armée et la société civile veilleront au grain. Quand à l’ancienne majorité, elle est discrète depuis la chute de son mentor. On ne la voit pas beaucoup. Anecdote symbolique : ce dimanche lors de la signature de la charte de la transition à la Maison du Peuple, l’ancien Premier ministre a été aperçu mais il a dû battre en retraite sous la menace des burkinabè.

La Rédaction

(crédits images : Issouf Sanogo/AFP)

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