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Burkina Faso: la médiation envisage le retour de Michel Kafando

Michel Kafando de retour aux commandes du pays? C’est ce que la médiation de la CEDEAO propose dans l’accord présenté ce dimanche soir pour sortir le Burkina Faso de la crise politique après le coup d’état militaire du général Diendéré jeudi dernier

Tandis que la médiation se poursuit, la tension reste cependant vive dans la capitale. Plusieurs manifestations se sont déroulées ces derniers jours. Selon un dernier bilan hospitalier samedi, les violences qui ont accompagné le coup d’Etat ont fait au moins 10 morts et 113 blessés.

Dimanche matin, une centaine de sympathisants du général Diendéré ont fait irruption dans l’hôtel où les médiateurs négociaient. Ils ont saccagé le mobilier du hall et chassé à coups de cordelettes des anti-putschistes et des journalistes rassemblés devant l’établissement.

La médiation dure depuis plus de 48 heures. Elle est dirigée le président sénégalais Macky Sall, lequel préside aussi la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Il est assisté du représentant de l’ONU en Afrique de l’Ouest Mohamed Ibn Chambas. Le général Diendéré -proche du président déchu Blaise Compaoré- et des représentants de la classe politique et la société civile ont pris part aux pourparlers.

Dimanche soir la médiation de la CEDEAO a proposé un accord prévoyant la restauration des institutions de la transition et de son président renversé Michel Kafando, un accord qui doit être présenté à l’Union africaine mardi prochain. Celui-ci prévoit en outre le maintien des élections législatives et présidentielle, au plus tard le 22 novembre, avec une participation des candidats pro-Compaoré exclus ces derniers mois suite à une loi votée par l’Assemblée intérimaire. Le texte prévoit la restauration des institutions de la transition et du prédisent Kafando, la libération sans condition de toutes les personnes détenues suite aux événements, l’acceptation du pardon et une loi d’amnistie sur les événements consécutifs au coup d’Etat. Cette loi devra être votée avant le 30 septembre.

Problème, le texte entretient le flou sur l’avenir de la garde présidentielle dont le sort sera décidé par le futur président élu. A l’origine du putsch, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) composé de 1.300 hommes reste ainsi préservé alors que la société civile réclame sa dissolution depuis plusieurs mois. La société civile indignée ce lundi par cet accord qui autorise en outre la participation des pro-Compaoré aux prochaines élections.Me Guy-Hervé Kam, le porte-parole du Balai Citoyen, en pointe dans le soulèvement populaire contre Blaise Compaoré en 2014, jugeait « honteux » le projet avancé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao)

Le putsch a été condamné notamment par les Etats-Unis et par la France, ancienne puissance coloniale. Les Nations unies ont réclamé la reprise du processus de transition démocratique. Le Burkina Faso a connu depuis son indépendance en 1960 de nombreux coups d’Etat militaires. Le général Diendéré avait joué un rôle clé dans le putsch de 1987 qui avait porté au pouvoir Blaise Compaoré et s’était soldé par la mort du président Thomas Sankara.

La rédaction

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