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Burkina Faso : La majorité et l’opposition dos à dos

Au Burkina Faso, le groupe de facilitateurs dirigé par l’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo marque le pas. Il y a une semaine, il s’est fendu d’un rapport dans lequel le président Blaise Compaoré est invité à quitter le pouvoir à l’issue de son mandat en 2015. Depuis, une rencontre entre la majorité et l’opposition sous la médiation était très attendue. Initialement prévue le 5 février, elle s’est déroulée ce lundi pour permettre aux deux parties de se préparer. Résultat: une impasse. Selon le communiqué publié par le groupe de médiation, l’opposition et la majorité n’ont pas réussi à s’entendre.
En cause : la légitimité de la majorité à la table des négociations. C’est en tout cas le message clair de l’opposition qui a exigé un mandat du Président du Faso autorisant la majorité à négocier. Ce à quoi, la majorité a rétorqué que sa délégation était  conforme à la lettre d’invitation de la médiation adressée aux partis de la majorité présidentielle et que d’autre part, elle n’avait pas besoin d’un mandat émanant de l’exécutif pour discuter avec l’opposition dans le cadre de cette médiation.

Une médiation mise en échec

Les deux camps ont renvoyé la balle dans celui de la facilitation embarrassée par ce couac auquel elle ne s’attendait pas vraiment. Si, en réponse à la demande de l’opposition, le groupe de médiateurs, assure qu’il veillera à la validation et à l’application des résultats des consultations, l’absence de confiance et la méfiance cristallisent le débat politique. L’opposition maintient la pression sur le président Blaise Compaoré et refuse de tomber dans une embuscade ficelée par le pouvoir au risque de sacrifier l’intérêt supérieur du Burkina Faso.

Le groupe de médiateurs auto-saisi pour régler la crise politique propose l’adoption d’un mécanisme pour permettre au président Blaise Compaoré de préparer sa sortie, l’ouverture d’une transition démocratique apaisée au terme de son mandat, des garanties de sécurité et enfin l’acceptation d’une formule de sénat aménagé en concertation avec l’opposition. Reste que son chronogramme est ébranlé par les doléances d’une opposition déterminée à en découdre avec le pouvoir.
Pour l’heure, la majorité et l’opposition se retrouvent dos à dos sans qu’aucune nouvelle rencontre ne soit fixée.

Véronique Mansour

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