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Burkina Faso: Blaise Compaoré pourrait être jugé par la CPI

De passage à Dakar pour participer au XVe sommet de la Francophonie, le président de la transition du Burkina Faso, Michel Kafando s’est confié sur les enjeux et les défis qui lui incombent. Le successeur de Blaise Compaoré chassé du pouvoir par la rue et l’armée affirme que la demande d’extradition au Maroc de l’ancien président n’est pas une priorité et que son pays pourrait s’en remettre à la CPI dans le cas où B. Compaoré serait amené à rendre des comptes lors du E-Talk politique d’Afrique Inside enregistré ce lundi matin dans la capitale sénégalaise.

Visiblement, le président de la transition du Burkina Faso ne partage pas l’avis de son Premier ministre sur le sort de Blaise Compaoré actuellement en exil au Maroc. Si le colonel Zida ex- chef de la transition et actuel chef du gouvernement s’est dit favorable à une demande d’extradition du président déchu au Maroc, le président de la transition lui reste plus circonspect.

« Nous n’avons pas pris de décision pour le faire, l’objectif est d’organiser des élections transparentes en novembre 2015, la question de l’extradition du président n’est pas une priorité » nous a-t-il affirmé.

« Ce n’est pas une question qui peut se faire du jour au lendemain. L’ancien président dispose d’une amnistie, voyez-vous, c’est une loi de l’assemblée nationale. On ne peut pas dire que cette amnistie est caduque… » a-t-il ajouté.

M. Kafando affirme que la situation l’impose, l’extradition de Blaise Compaoré pourrait alors être envisagé. Si tel était le cas, il n’exclut pas que le Burkina Faso demande à la justice internationale, c’est-à-dire, la CPI de juger Blaise Compaoré.

« Ca peut être d’ordre national, ça peut être la CPI, si la question devient acerbe nous verrons… » affirme-t-il.

L’ancien président est soupçonné d’être à l’origine de la disparition de Thomas Sankara assassiné le 15 octobre 1987, il y a 27 ans. Une affaire non élucidée tout comme celle du journaliste Norbert Zongo en décembre 1998 alors qu’il enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, le frère de Blaise Compaoré. La transition promet de faire toute la lumière sur ces dossiers sombres du régime Compaoré.

« Nous avons donné déjà l’autorisation de fouiller les tombes pour savoir si il s’agit de sa tombe, c’est le minimum que l’on puisse faire. il faut élucider cette affaire…En ce qui concerne Norbert Zongo, c’est la même chose la justice a prononcé un non-lieu…. »

S’agissant des circonstances de sa désignation à la tête de la transition et du tandem formé avec le colonel Zida autoproclamé chef de la transition après la fuite de Blaise Compaoré, M. Kafando s’explique. Après sa désignation comme président de la transition, il a en effet aussitôt nommé le colonel Zida comme Premier ministre.

 » Ce n’est pas comme cela que les choses se sont passées… Nous étions trois… ce n’est pas parce que le colonel Zida m’a imposé… »

Sur son programme pour la transition, M. Kafando a insisté sur la nécessité de réformer l’armée. Première mesure: l’éviction du général Diendéré, celui qui dirigeait la RSP, le régiment de sécurité présidentiel qui devrait être dissout. Le Colonel Zida lui- même est issu des rangs du RSP. Si il affirme être sans crainte pour sa sécurité, le président de la transition a rappelé près de lui le chef d’état-major des armées, le général Traoré. Ce dernier avait disputé au colonel Zida la direction du pays après la chute de Blaise Compaoré et s’était même autoproclamé comme Zida chef de l’état.

Michel Kafando président de la Transition du Burkina Faso invité du  E-Talk politique à voir bientôt en intégralité sur Afriqueinside.com.

Par  Samantha Ramsamy

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