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Burkina Faso : état de siège décrété

Le président burkinabè Blaise Compaoré a décrété jeudi l’état de siège, après une journée d’émeutes marquée par l’incendie de l’Assemblée nationale et la prise d’assaut de la télévision publique par des manifestants, d’après un communiqué de la présidence reçu par l’AFP.

L’état de siège est décrété sur l’ensemble du territoire national. Le chef d’état-major des armées est chargé de l’application du présent décret, qui entre en vigueur à compter de ce jour, peut-on lire dans ce texte, sans entête officielle, dépourvu de date, et qui porte la signature de Blaise Compaoré, mais différente de son paraphe habituel.

Ce problème d’authentification se pose également pour un communiqué et une déclaration reçus du même service communication de la présidence, relatifs à une dissolution du gouvernement et à un appel à des pourparlers avec l’opposition, mais qui ne consistent qu’en quelques lignes non signées sur une feuille blanche.

Le Burkina Faso a connu une journée d’émeutes qui a débuté par le saccage et l’incendie de l’Assemblée nationale, où devait se tenir le vote d’une révision constitutionnelle visant à prolonger le pouvoir du chef de l’Etat, aux affaires depuis 27 ans.

Des milliers de manifestants ont ensuite pris d’assaut la télévision publique, qu’il ont pillé, puis ils ont détruit le siège du parti présidentiel à Ouagadougou, ainsi que d’autres symboles du régime.

Au moins une personne a été tuée. Les violences se sont étendues à Bobo Dioulasso (Ouest), la capitale économique du pays, et Ouahigouya (Nord).

Pour le régime en place depuis le putsch de 1987, c’est la crise la plus grave depuis la vague de mutineries de 2011, qui avait fait trembler le pouvoir.

Le Burkina Faso a basculé dans la crise avec l’annonce, le 21 octobre, d’un projet de révision constitutionnelle portant de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels.

Arrivé aux affaires il y a 27 ans, le président Compaoré devait achever l’an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015).

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