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Burkina Faso : coup d’état avorté, la transition restaurée, retour à la case départ…

Au Burkina Faso, le général Diendéré a donc plié sous la pression de la CEDEAO et de l’armée burkinabé. Renversés du pouvoir il y a plus d’une semaine, Michel Kafando et son Premier ministre Isaac Zida ont été rétablis dans leurs fonctions à la tête de la transition mais le pustch non pas manqué mais avorté porte une coup dur aux autorités de la transition plus que jamais fragilisées à l’approche de nouvelles élections repoussées en novembre.

Le général Diendéré l’a reconnu lui-même, il a eu « tort ». « Le putsch est terminé, on n’en parle plus », a déclaré le chef des putschistes, le général Gilbert Diendéré, à la sortie de d’une cérémonie en présence de plusieurs chefs d’état de la CEDEAO pour restaurer la transition dans son ensemble. Pour autant sera-t-il possible d’effacer ce coup d’état, sans doute l’un des plus court dans l’histoire politique du continent? Pour l’instant, Michel Kafando de retour à la tête de la transition assure que sa priorité reste l’organisation d’élections démocratiques. Initialement prévues le 11 octobre, elles sont repoussées en novembre. Il faudra donc attendre encore plusieurs semaines durant lesquelles le Burkina Faso tentera de refermer ses plaies et faire taire ses rancoeurs. Au moins 10 manifestants ont été tués et des dizaines d’autres blessés depuis le coup d’état perpétré par la garde présidentielle, le RSP, régiment de sécurité présidentiel dirigé alors par le général Diendéré.

L’intervention de l’armée burkinabé et de la médiation ouest-africaine, la CEDEAO emmenée par plusieurs chefs d’état dont le président sénégalais Macky Sall a permis de rétablir la situation mais ne règle pas tous les différends. L’accord proposé par la CEDEAO a été accepté par le général Diendéré. En plus du retour de la transition initiale et la tenue des élections générales en novempbre, il prévoit l’amnistie des putschistes et entretient le flou sur l’avenir du RSP dont la dissolution était envisagée avant le coup d’état. De plus si la CEDEAO ne s’est pas prononcée sur la participation des pro-Compaoré aux élections, le litige reste ouvert. L’ancien numéro deux du RSP et Premier ministre Isaac Zida affirme que la garde présidentielle ne peut rester en l’état. Plusieurs candidats réclament sa dissolution. Par ailleurs, la société civile refuse la participation des pro-Compaoré aux élections. Il sera très difficile pour la transition de venir à bout de toutes ces questions avant la tenue des échéances électorales en novembre sauf nouveau report sine die. Une transition fragilisée dont l’autorité a été décrédibilisée aux yeux des burkinabés et de la communauté internationale venue à son secours. Elle devra prouver ses capacités à mener le pays vers des élections libres et démocratique.

Dans la capitale Ouagadougou ce jeudi, la vie reprend doucement. Les banques et administrations demeurent encore fermées, tout comme l’aéroport international et les stations-essence. Le RSP reste cantonné dans son camp conformément à l’accord conclu entre les putschistes et soldats loyalistes, sous l’autorité du Mogho Naaba, roi des Mossis, l’ethnie majoritaire du Burkina Faso.

La rédaction

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