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Burkina Faso: Blaise Compaoré démissionne

Au Burkina Faso, le lieutenant colonel Zida, représentant de l’armée a annoncé sur la place de la Nation à Ouagadougou que Blaise Compaoré avait démissionné. Une démission confirmée par un communiqué de celui qui est désormais l’ancien président. Hier déjà, la dissolution du gouvernement et de l’assemblée nationale avait été décidée.  Des élections anticipées devraient avoir lieu sous 60 à 90 jours.

C’est une annonce qui a été aussitôt suivie de cris de joie dans les rues de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. « A partir de ce jour, Blaise Compaoré n’est plus au pouvoir » a affirmé le lieutenant-colonel Zida, sur la place de la Nation. Dans la foulée, il a confirmé à la télévision que le chef de l’Etat avait démissionné. Hier pourtant, dans un communiqué relayé par la radio nationale, le président Blaise Compaoré disait annoncer lui-même la dissolution du gouvernement et décréter l’état d’urgence, un document portant sa signature mais non authentifié. Toute la journée, les signaux d’un coup d’état se sont succédés. La télévision nationale est passée sous contrôle des manifestants, elle a cessé d’émettre, le site du ministère de la défense burkinabé rendu inaccessible. Et cela après que les manifestants se sont dirigés vers la présidence malgré la présence des forces de l’ordre qui ont tiré sur eux. La vague contestataire contre Blaise Compaoré au pouvoir depuis 27 ans s’est amplifiée ces trois derniers jours. Dans la matinée de jeudi, un millier de manifestants se sont dirigés vers l’assemblée nationale qu’ils ont saccagé alors que les députés s’apprêtaient à voter le projet de loi sur une révision constitutionnelle pour permettre à celui qui est désormais ancien président de briguer un nouveau mandat présidentiel en 2015. Un projet de loi annulé mais cela n’a pas stoppé les manifestants et l’opposition.

La démission forcée de Blaise Compaoré, désormais confirmée, est intervenue au terme de plusieurs heures de tractations. Dans le pays, le désordre et l’anarchie régnaient depuis hier, jeudi 30 octobre, et les violences ont au fait au moins 30 morts cette semaine. Des scènes de pillage ont été rapportées dans la capitale Ouagadougou ces 24 dernières heures. Une vague contestataire provoquée par la volonté du pouvoir de modifier l’article 37 de la constitution. C’est justement jeudi matin que les députés devaient voter le projet de loi, un passage en force jugé inacceptable pour l’opposition qui depuis plusieurs mois mobilise ses forces pour empêcher le tripatouillage annoncé de la loi fondamentale burkinabé. Blaise Compaoré envisageait de briguer un cinquième mandat consécutif, ce que lui interdisait la constitution. Il avait déjà exercé deux septennats (1992-1998 et 1998-2005), et son deuxième quinquennat devait s’achever en 2015. En s’entêtant, le chef de l’état burkinabé déchu a scellé son destin. Déjà en 2011, le pays avait été ébranlé par l’une des pires crises que Blaise Compaoré a connu depuis sa prise de pouvoir par la force après le renversement de Thomas Sankara assassiné. Un assassinat non-élucidé mais Blaise Compaoré est accusé par les proches de Sankara d’avoir orchestré sa disparition. Son avenir est incertain, sans doute devra-t-il répondre devant la justice sur le « mystère Sankara ». En attendant, l’armée a pris le pouvoir mais cela ne devrait pas durer. d’après le communiqué de Blaise Compaoré, en raison de la vacance du pouvoir, des élections devraient être organisées sous 60 à 90 jours.

La rédaction

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