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Boko Haram, une priorité pour la communauté internationale?

L’Union africaine a entériné au début du mois de mars la création d’une force régionale de lutte contre Boko Haram. Elle avait sollicité dans le même temps le soutien financier de l’ONU, une résolution pourrait intervenir d’ici avril mais l’incertitude reste entier sur l’engagement des puissances internationales contre Boko Haram.

Dans quelle mesure Boko Haram constitue une priorité pour la communauté internationale? C’est la question posée aux membres du conseil onusien. L’Union africaine souhaite l’adoption urgente d’une résolution du Conseil de l’ONU pour soutenir la force multinationale de 10.000 hommes destinée à lutter contre Boko Haram. Elle dispose de certains atouts puisque la France en assure la présidence ce mois-ci et le Nigeria et le Tchad, directement impliqués dans la guerre contre la secte islamiste y siègent en tant que membres non-permanents. L’instance panafricaine demande un fonds spécial de soutien à cette force. Une résolution dans ce sens permettrait un financement automatique de la force, puisé dans les fonds dont dispose l’Onu. Compte tenu des faibles moyens financiers de l’UA et des pays africains, la question du financement s’annonce cruciale. Jusqu’à présent, la situation d’urgence ne donne lieu à aucune réponse. Si une résolution sur la force multinationale mixte doit voir le jour, ce ne sera pas possible avant le mois d’avril, assure-t-on dans les rangs diplomatiques onusien. En coulisse, la France ne ménage passes efforts pour convaincre les puissances occidentales de soutenir la lutte contre Boko Haram. L’allégeance de la secte islamiste à DAECH pourrait changer la donne. Jusqu’à présent et malgré les points de convergences sur le plan de la lutte anti-terroriste, la guerre contre DAECH focalise bien plus l’attention de la communauté internationale. Pour Washington et Londres, les priorités sont ailleurs. Outre l’Etat islamique, la menace shebab constitue une forte préoccupation, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne soutiennent activement l’Amisom, la mission de l’Union africaine déployée en Somalie depuis 2007 pour épauler le gouvernement contre les islamistes et financée essentiellement par l’Onu. Les risques de devoir apparaître des liens entre l’Etat islamique et Boko Haram donnent un peu plus de poids à l’argumentaire français.

Emergence d’un nouveau modèle d’intervention régionale en Afrique

En effet, la France souligne l’initiative africaine et sous-régionale pour faire face au terrorisme islamiste sur le terrain. Pour Paris, il s’agit d’une avancée majeure. La France salue l’émergence d’un nouveau modèle d’intervention régionale en Afrique qui ne peut s’avérer efficient que si il bénéficie d’un soutien international. La France intervient cette fois en second rideau et non en première ligne comme ce fût le cas au Mali ou en Centrafrique. La France, qui a déployé son dispositif Barkhane dans le Sahel, apporte depuis décembre son soutien en matière de renseignement aux pays du Lac Tchad (Niger, Nigeria, Cameroun, Tchad) mais rappelle qu’elle ne peut constituer la seule puissance occidentale à soutenir la force africaine régionale contre Boko Haram. A l’heure actuelle, plus de 3.500 soldats des forces régionales sont mobilisées. Le Tchad, le Nigeria, le Cameroun et le Niger, ainsi que le Bénin, se sont d’ores et déjà engagés à fournir jusqu’à 8.700 soldats. Au total, la force multinationale mixte comptera 10.000 hommes. Le commandement sera basé à N’Djamena au Tchad dont les capacités et l’expertise militaire dans le domaine du terrorisme ont fait leurs preuves. Pour Paris, il s’agit d’un allié incontournable dans la zone sahélienne. L’offensive lancée depuis le début de l’année par le Tchad, le Cameroun et le Niger a porté un coup au groupe islamiste Boko Haram basé dans le nord du Nigeria et qui mène depuis plusieurs mois des incursions dans les pays voisins. L’armée tchadienne s’est récemment retirée de la ville Gambarou au Nigeria mais l’armée nigérianne si elle affirme le contraire peine à relayé l’action des militaires tchadiens. Le bilan de la coopération militaire régionale est globalement positive, les résultats obtenus par la force régionale plaide en faveur de l’Union africaine qui requiert une aide internationale plus élargie. Mais la solidarité des pays africains se heurte à certaines limites. Pour l’instant seuls les pays directement frappés par l’activisme de Boko Haram en raison de leur proximité frontalière avec le Nigeria se sont engagés. Par ailleurs, le courant passe mal avec le Nigeria très sourcilleux de sa souveraineté nationale.

La rédaction

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