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Bénin: pourquoi les réformes économiques de Patrice Talon ne passent pas…

Les réformes économiques au Bénin suscitent beaucoup de critiques. L’argument avancé les détracteurs du président Patrice Talon,  la privatisation déguisée des sociétés publiques. On lui reproche une obsession : le contrôle systématique du tissu économique du pays.

Par Hospice Alladayè

Observateurs politiques et acteurs économiques se montrent sceptiques face aux réformes du président Patrice Talon. En cause, sa double casquette d’homme d’affaire et d’homme politique. Pour certains, son détachement vis-à-vis de à son engagement économique peine à se faire, ce qui augure une prise en otage de la manne économique. Premier fait marquant de Patrice Talon dans le Coton. En effet, les premiers conseils des ministres aux lendemain de son investiture ont été consacrés à la levée des réquisitions des usines d’égrenage de la Société pour le développement du Coton (Sodeco), dont il est actionnaire majoritaire (même s’il affirme l’avoir légué à ses héritiers) et l’ordre donné à la Société nationale pour la promotion des produits agricoles (Sonapra) d’alors, de régler les redevances de cette réquisition s’élevant à 12 milliards Fcfa. L’accord-cadre qui déléguait la gestion de la filière au secteur privé via l’Association interprofessionnel du Coton (Aic) avait été annulé en 2012 et rétabli au lendemain du 6 avril. Problème : le chef de l’état du Bénin venait de faire son come-back avec ses usines d’égrenage très actives désormais.

Dans le même ordre d’idée, le gouvernement dans sa volonté dit-il, de rendre plus compétitives les sociétés d’Etat a entrepris depuis un moment des mesures de restructuration de ces sociétés. L’une des sociétés phares à essuyer la mesure, c’est la Sonapra avec une liquidation pratiquement achevée. Le Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la société Clément Kodokpo applaudit la mesure, mais les Centrales et confédération syndicales des travailleurs du Bénin condamnent un suicide des travailleurs. Ils parlent de 300 agents jetés dans la rue. L’autre société publique au cœur de la polémique actuellement, c’est le Port Autonome de Cotonou (Pac). En Assemblée générale le jeudi 8 juin 2017, les 5 syndicats de cette structure ont marqué leur opposition à ce qu’ils appellent la privatisation illégale. Pour eux l’avis d’appel d’offres lancé par le Ministère pour le recrutement d’un mandataire en vue de la gestion du Port n’est pas conforme aux textes existants notamment la loi 88 sur les entreprises publiques et la loi 64-39, modifié par l’ordonnance 76-55 du 12 octobre 1976 donnant statut d’établissement public au Port autonome de Cotonou. Ces travailleurs dénoncent également la prise de la manutention par une société du Président de la République.

« Nous dénonçons le pillage de notre économie notamment le dépotage assuré par Atral, une société de l’homme d’affaires Patrice Talon au détriment de la Sobemap (société nationale de manutention), des agréments de manutention signés par le Ministre des transports Hervé Hehomey pour cette même société (Atral) et la société Pic Net Work dans le dessein de s’arroger du reste du trafic fait par la Sobemap », souligne le communiqué des syndicats.

Le retour du Programme de vérification des importations (Pvi) assuré par Bénin control (une structure du Président), suspendue par l’ancien régime, dans le système portuaire est aussi critiqué par ces travailleurs. D’autres sociétés comme la société béninoise d’énergie électrique (Sbee) et le Centre national hospitalier et universitaire (Cnhu) sont aussi dans le viseur. Le gouvernement avait décidé de procéder à l’affermage des hôpitaux publics. Les dites réformes, explique le gouvernement, visent fondamentalement à améliorer la qualité du service et renforcer les performances économiques du pays. L’opinion quant à elle, reste toujours sceptique.

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