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Bénin: Le mouvement «Non au Fcfa» monte au créneau

Abidjan accueille dès ce 14 avril, la rencontre des ministres en charge des Finances de la zone Franc, pour échanger sur le devenir du Franc CFA. 14 pays francophones en plus des îles Comores y prennent part. Et dans ce cadre, le mouvement «Non au Fcfa» du Bénin en appui avec d’autres organisations panafricaines, a délivré un message ce jeudi à la Bourse du travail à Cotonou en vue d’appeler les peuples africains à la mobilisation générale, notamment à dire non au Fcfa et à la préservation des intérêts français.

 

Par Romuald HOUNHOUI

 

Ce vendredi, les ministres des finances des pays ayant le Franc CFA en partage se réunissent à Abidjan en Côte d’Ivoire pour penser au devenir de cette monnaie garantie par la France. Les Etats concernés par ces assises d’Abidjan sont : le Burkina Faso, le Niger, le Togo, le Cameroun, le Gabon, le Mali, le Sénégal, le Tchad, la Côte d’Ivoire, le Congo, la Centrafrique, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, les îles Comores et bien évidemment le Bénin. Ces rencontres sont indispensables pour faire vivre les accords de coopération monétaire entre ces Etats de la zone Franc.

Quelques jours avant la tenue de ces travaux, le Président Ivoirien Alassane Dramane OUATTARA, le 10 avril dernier, lors du sommet extraordinaire de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine, affirmait: «Le Franc CFA est sain et entre de bonnes mains». Pour celui qui a été Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest et Directeur Afrique du Fonds Monétaire International, l’heure n’est ni au changement de devise, ni au retrait des réserves de change du trésor public français.

Le mouvement «Non au Fcfa» a balayé cette déclaration du président ivoirien du revers de la main et appelle les ministres des Finances des autres pays de la zone Franc à se démarquer de cette posture d’Alassane Ouattara.

L’essentiel de la déclaration du Mouvement «Non au Franc CFA»

«Le franc CFA -Franc des Colonies Françaises d’Afrique- est une monnaie coloniale dont le contrôle est assuré par la France depuis 1945. Elle est restée jusqu’à ce jour, un outil de servitude monétaire et de violation flagrante des libertés publiques des pays utilisant cette monnaie.

Cette attitude dédaigneuse de la France vis-à-vis des États supposés indépendants et souverains que nous sommes, confirme que nos pays n’ont jamais été des pays indépendants comme il se devrait. Et que leur indépendance ne demeure jusqu’ici que nominale. La monnaie est un attribut de souveraineté, de liberté et d’expression d’indépendance.

La France a depuis toujours par un système mafieux en complicité avec nos dirigeants aggravé le niveau de pauvreté des pays utilisateurs du franc CFA malgré leurs potentialités et richesses en les maintenant dans le franc CFA, une monnaie pour ses intérêts et ceux qui l’aident à renforcer ce crime envers les peuples africains.

Qu’il vous souvienne en janvier 1994, le franc CFA a été dévalué sans avoir consulté les Africains et sans avoir réellement reformé le système monétaire, et les axes et mécanismes de fonctionnement dévalués. Cette dévaluation organisée par la France en complicité avec les dirigeants africains, avait provoqué une misère sans pareil et accru le taux de pauvreté, en réduisant le pouvoir d’achat de 100%. Cette dévaluation a créé la famine et conduit à des licenciements abusifs.

Une fois encore, un sommet des ministres des Finances de la zone franc se tiendra à Abidjan pour décider de la réévaluation du franc CFA.

En alertant les populations des pays de la zone franc et en prenant la communauté internationale à témoin, nous mettons en garde les dirigeants de la zone franc de toutes tentatives de dévaluation du franc CFA sans toucher au système d’arnaques mis en place.

Nous déclarons solennellement que «le franc CFA, propriété française, a été imposé par les valets de l’impérialisme pour maintenir les peuples africains en esclavage continuel. Cette monnaie viole les libertés publiques et prive les peuples africains de toute la jouissance de tous leurs biens. Par conséquent, exigeons la fin pure et simple du franc CFA en remplacement d’une monnaie que chaque État indépendant aura la liberté de choisir».

Nous exigeons la fin des accords de partenariats économiques signés avec la France et nous demandons expressément aux différentes délégations de ne pas avoir peur de la France et de l’impérialisme, d’avoir le courage et l’audace de décider pour le bien-être de nos peuples; d’exclure la délégation française de la réunion du 14 avril 2017 ; de ne plus inviter la délégation française aux réunions et sommets ou des décisions importantes sur l’avenir de nos peuples sont prises; de mettre immédiatement en route un plan pour l’abandon du FCFA afin que chaque pays décide de son orientation monétaire.

En tout état de cause, nous mettons en garde nos dirigeants contre l’acceptation d’une dévaluation du franc CFA, qui aura pour conséquence d’accentuer la pauvreté et la misère de nos peuples dont le fruit des labeurs, sont volés pour l’enrichissement illicite, frauduleux et éhonté de la France et de ses valets africains. Nous lançons un appel vibrant à toutes les couches de la population, les syndicats des travailleurs et aux partis politiques ayant pour politique l’indépendance totale de nos pays africains à dénoncer et se lever comme un seul homme pour boycotter la journée du 14 avril 2017 sans travail, en vue de lancer un signal à la France et aux imposteurs qui vivent du franc CFA. Et nous voulons une monnaie adoptée par référendum.

Une monnaie imprimée en Afrique avec des signes ayant un lien sociologique avec les Africains, nous ne voulons plus du compte d’opération, nous ne voulons plus de la parité fixe, nous ne voulons plus de la convertibilité libre, nous disons «non» à la servitude monétaire, nous voulons notre monnaie souveraine.

Nous lançons un appel patriotique à tous les fonctionnaires des 14 pays de la zone franc à boycotter la journée du 14 avril sans travail, en vue de prévenir les chefs d’Etats de toutes tentatives de dévaluation».

 

 

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