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Bénin : le Parlement très sollicité

Au Bénin, de retour de leurs dernières vacances parlementaires de 2016, les élus de la 7ème législature se consacrent plus que jamais à l’examen et à l’adoption des propositions et projets de lois. Mais il se trouve ces dernières heures que les lois votées ou en instance d’adoption sont sources de polémiques.  C’est le cas par exemple de la loi portant régime général d’emploi des collaborateurs extérieurs de l’Etat, adoptée vendredi dernier au parlement. 70 députés ont votés pour, 11 contre et 2 abstentions. Ceci, malgré l’opposition des centrales et confédérations syndicales qui traitent la proposition de loi de scélérate.

Par Romuald HOUNHOUI

La proposition de loi sur le régime général d’emploi des collaborateurs extérieurs de l’Etat émane d’un proche de l’exécutif, parlementaire et de surcroît, Rapporteur de la commission des lois de l’Assemblée Nationale.  Pour l’exécutif, cette loi vise à améliorer la qualité et l’efficacité des prestations de services de l’administration centrale de l’Etat, des services déconcentrés et autres. Pour le garde des sceaux, ministre de la justice présent à l’hémicycle lors de l’examen de cette proposition de loi, il est impérieux de doter le Bénin d’un tel instrument juridique. Cette loi permet de recruter des cadres ayant des compétences de niveau élevé dans les domaines spécifiques, renforcer la capacité d’employabilité des demandeurs d’emplois en vue de les sortir du chômage de longue durée et combattre le sous emploi dans l’administration publique, les institutions  de l’Etat. Le gouvernement de Patrice Talon rassure par ailleurs que ces collaborateurs extérieurs ne seront ni agents permanents de l’Etat ni agents contractuels de l’Etat encore moins membre du personnel de l’administration territoriale et de la fonction publique.

La loi est décriée par les travailleurs

La loi est décriée par les organisations de travailleurs et quelques membres de la société civile car ils estiment qu’elle est en conflit avec les dispositions du code de travail du Bénin. Pour le Secrétaire Général de la Confédération des Organisations Syndicales Indépendantes, COSI-Bénin, « c’est une loi qu’on est en droit de comparer avec la loi El Comry de la France. « Nous la combattrons avec tous les moyens dont nous disposons car nous ne permettrons pas qu’on dépouille la fonction publique parce qu’on pense qu’il y a un désert de compétences et dans le même temps l’on provoque d’autres charges à l’Etat par l’entremise de cette loi scélérate. ». Pour Paul ESSE IKO, Secrétaire général de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin, CSTB, « cette loi sur le recrutement de collaborateurs extérieurs, favorisera le copinage le favoritisme et la corruption  au sommet de l’Etat. Ceci, pour enrichir une minorité au préjudice des autres franges de la population qui arrive à peine à survivre ». La CSTB a d’ailleurs très tôt tiré sur la sonnette d’alarme  24 heures avant le vote de la loi, au travers d’un sit-in de protestation tenu sur l’esplanade du palais des gouverneurs à Porto-Novo. Anselme AMOUSSOU de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin appelle son pays à éviter de rendre légale la déréglementation du marché de travail.

Les travailleurs sont rejoints par certains acteurs de la société civile. C’est le cas du Président de GERDDES-Afrique, Maître Sadikou ALAO, cette loi sur l’emploi des collaborateurs extérieurs est inopportune et non avenue. Car pour l’avocat au Barreau du Bénin, l’Etat sera dépossédé de ses ressources financières au profit des agences d’intérims qui leur existence est en conflit avec le code du travail du Bénin.

Valentin AGOSSOU DJENONTIN, député des Forces Cauris pour un Bénin Emergent ayant d’ailleurs voté contre, déclare qu’on ne peut régler un problème conjoncturel par une loi. « Même si vous recrutez un médecin, un spécialiste pour une mission spécifique, pour un temps limité que vous placez dans un hôpital. Si c’est pour deux ans, à la fin des deux ans, vous ne pouvez pas l’enlever. Si vous l’enlevez quel est le problème que vous réglez ?

Les travailleurs dénoncent également la loi sur l’embauche votée à l’unanimité ce mardi au parlement. Car disent-ils, elle renforce les pouvoirs de l’employeur au désavantage de l’employé.

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