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Bénin : le Karité, 3ème produit d’exportation et une filière sûre

Gilles ADAMON est le promoteur de la Société NATURA, structure qui fabrique des produits cosmétiques à base du beurre de Karité. Il est également le président de l’Association Karité Bénin. Dans cet entretien, il nous livre son analyse de la filière, un secteur ouvert à des opportunités. Signe fort : la tenue à Cotonou de la 10ème conférence internationale du Karité du 13 au 15 Mars dernier, une initiative annuelle de l’Alliance Mondiale du Karité. Environ 400 acteurs de l’industrie du Karité venus de 25 pays sur les 32 que compte l’Alliance mondiale, y ont participé. Les assises de Cotonou se sont déroulées sous le thème : « Karité 2017 : les graines du changement ».

Par Romuald HOUNHUI à Cotonou

Afrique Inside : Est-ce que  la 10ème conférence internationale du Karité a été utile pour la filière au Bénin?

Président AKB : Ce qu’on peut noter, d’abord ça donne une très bonne visibilité à la filière karité du Bénin et au pays en même temps. Ensuite, elle a permise de faire connaître les acteurs de la filière karité du Bénin. C’était également une opportunité d’offrir des modules de formations notamment aux femmes qui exercent dans le secteur. Ces nombreuses femmes grâce à qui, nous sommes beaux et belles puisqu’elles transpirent beaucoup pour nous permettre d’avoir des ingrédients pour la fabrication des produits cosmétiques sans oublier le chocolat fabriqué depuis quelques à base du karité. Les assises de Cotonou étaient aussi des opportunités d’affaires entre les acteurs ayant fait le déplacement de Cotonou. Fabricants de machines, fabricants d’emballages et exportateurs du Karité ont eu au travers de cette 10ème Conférence internationale de Cotonou, des opportunités de business.

« Le Bénin est honoré à la 10ème Conférence Internationale du Karité. La Représentante mondiale des femmes exerçant dans le secteur est Béninoise et a un mandat de deux (02) ans».

Afrique Inside :   La 10ème Conférence du Karité donnera-t-elle un nouveau souffle au secteur au Bénin ?

Président AKB : Tout à fait, l’Etat Béninois a d’ailleurs renouvelé son engagement lors des travaux pour un véritable accompagnement au profit des acteurs du Karité du Bénin que nous sommes. Le gouvernement du Président Talon l’a réaffirmé. On espère que sur le terrain ça va se manifester rapidement. En plus, il y a eu un acte majeur que je voudrais évoquer. Il s’agit de l’élection de la Représentante mondiale des femmes exerçant dans le secteur. Elle est Béninoise et dispose d’un mandat de deux ans. Sa mission est de se battre pour une amélioration des conditions de vie et de travail des femmes du secteur et bien évidemment faire connaître le Karité Béninois.

Afrique Inside : le Karité est le 3ème produit d’exportation du Bénin après le Coton et l’Anacarde mais le secteur n’est très connu au Bénin ? Pourquoi ?

Président AKB : C’est vrai, le problème du Karité est un problème particulier parce que ce n’est pas un produit de culture. Le coton, on le sème on le plante, l’anacarde on le plante on l’entretient et quelques années après on récolte. Pour le Coton, c’est la même année, l’anacarde quelques petites années mais le Karité… Un arbre à Karité met 20, 30 à 35 ans pour donner le premier fruit. Personne ne veut aller dans la plantation, parce que c’est difficile, c’est compliqué d’entretenir un arbre à karité. C’est pourquoi c’est un cas particulier. Mais ce que nous essayons de faire à l’Association Karité Bénin et à l’Alliance Mondiale du Karité, c’est de trouver grâce à la recherche et ça a évolué depuis quelques années, c’est de trouver des arbres à cycle court 5 ans, 7 ans et j’ai cru entendre 3 ans également, pour qu’on puisse avoir des arbres à karité, des personnes ont déjà la technique. Et nous espérons que bientôt on pourra mettre en place des champs pilotes au Bénin ici, pour voir ce que ça donne. Peut-être que des particuliers comme vous et moi pourrions avoir des champs pour la plantation du Karité.

    « Le Bénin produit entre 80 et 85 mille tonnes de Karité par an et en exporte près de 45 mille tonnes »

Afrique Inside : Parlez nous des retombées économiques du Karité pour le Bénin ?

Président AKB : Eh Bain, c’est beaucoup d’argent. D’abord aujourd’hui malheureusement la plupart des amendes de karité sont exportées parce que nous n’avons pas suffisamment d’industries capables d’absorber la quantité produite. Nous nous essayons de se battre pour que des particuliers, des privés s’installent et montent des unités de fabrication pour pouvoir traiter toute la production de Karité du Bénin. Au ghana, ils produisent un peu plus que nous mais ils ont 8 usines de transformation de karité et même parfois ils viennent acheter au Bénin des amendes. S’il y a 8 usines au Ghana, nous pouvons en avoir 2 ou 3 pour extraire le beurre de karité et faire rentrer plus de devises pour nous les acteurs et l’Etat en profitera à travers les taxes et impôts et il y aura de l’emploi.

« L’usine Fludor a un chiffre d’affaire de 240 millions de francs CFA, issue de la production du Karité au Bénin »

Afrique Inside : Combien vous en produisez réellement ?  

Président AKB : Actuellement, on exporte autour de 45 à 50 mille tonnes. L’usine Fludor qui est la seule sur place pour le moment qui traite le karité, fait 15 à 18 mille tonnes par an. Et puis la production locale consomme. On estime cela à 80 à 85 mille tonnes la quantité produite chaque année. Mais le ministère de l’agriculture grâce à des études exécutées par certains chercheurs, pense que si on arrivait à aller au fonds des forêts pour collecter toutes les amendes on se retrouverait par an entre 160 et 170 mille tonnes de production. Et ces performances apporteraient beaucoup de devises au Pays.

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