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Bénin : durcissement contre le trafic de médicaments

L’opération PANGEA IX lancée par le gouvernement Béninois le vendredi 24 Février dernier continue de livrer ses épisodes. 17 personnes parmi les 109 interpellées lors de l’opération de lutte contre la criminalité pharmaceutique transnationale dénommée « PANGEA IX », sont condamnées pour exercice illégal de la profession de pharmacien. C’est le verdict rendu ce jeudi 9 mars par le juge en charge du dossier au Tribunal de première instance de première classe de Cotonou.  80 tonnes de faux médicaments saisis et 109 personnes arrêtées, c’est le bilan conjointement présenté le 27 février par les ministres de l’intérieur et de la santé publique. Et les gouvernants actuels du Bénin comptent aller plus loin, c’est ce qui justifie l’adoption ce mercredi 8 Mars, du projet de décret portant transmission à l’Assemblée Nationale, pour autorisation de ratification de la convention Medicrime.

Par Romuald HOUNHOUI , correspondant au Bénin

La convention Médicrime est le premier instrument juridique qui criminalise la fabrication et la distribution de faux médicaments. Elle compte aujourd’hui 26 Etats signataires et le Bénin voudrait à travers sa ratification, disposer d’un outil important internationalement reconnu pour une lutte efficace contre le trafic et la vente illicite de médicaments. Cette lutte sans merci contre les vendeurs et trafiquants des médicaments contrefaits a eu lieu le 24 Février dernier dans dix des douze départements que compte le Bénin. Ceci, pour la première journée de l’opération PANGEA IX. Le gros empire des médicaments contrefaits au Bénin, situé au marché ADJEGOUNLE de Cotonou, a été démantelé par les éléments du Commissaire  central de Cotonou, Idrissou MOUKAÏLA. L’opération  PANGEA IX est intervenue  9 ans environ après l’appel de Cotonou. Un appel qui consistait  à une mobilisation commune des     Chefs d’Etats Africains et de gouvernement pour une meilleure lutte contre les faux médicaments. C’était une initiative de la fondation de l’ancien Chef d’Etat Français, Jacques CHIRAC.

Après trois jours donc de répression contre les vendeurs et autres trafiquants des médicaments dits de contrebande au Bénin, le bilan s’imposait aux dires des ministres de l’intérieur et de la santé publique. 80 tonnes de faux médicaments saisis, 27 fournisseurs écroués dans les prisons de la ville économique, Cotonou, 4 à la cité des Kobourous à Parakou, 10 détenus à Porto-Novo la capitale politique du Bénin, 68 détaillants libérés sous caution et 17 autres condamnés à trois mois de prison avec sursis ce jeudi 9 Mars.

Une lutte contre la criminalité pharmaceutiques mal comprises des habitants

Un tour au marché international de Dantokpa où se trouve le réputé empire de commercialisation de ces médicaments contrefaits, l’on peut constater avec aisance, la fermeture des boutiques servant de lieu de dépôt et de vente de ces produits illicites. Pour dame Georgette, une des nombreux acheteurs de ces produits interdits de vente, c’est la désolation. Elle s’approvisionnait à moindre coût auprès de ces vendeurs depuis plusieurs années car pour elle, le coût est trop élevé dans les officines et pharmacies. La bonne femme se refuse de comprendre le bien fondé de cette opération lancée par les autorités de son pays. « Même les officines se ravitaillent à Adjegounlè » dixit dame Georgette.

Pour certains citoyens, les officines et pharmacies sont en nombre insuffisant sur le territoire Béninois. Et à cette requête, « des dispositions sont prises pour garantir la disponibilité des médicaments dans tous les dépôts répartiteurs logés dans les 34 zones sanitaires du Pays. Le ministère de la Santé s’organise aussi pour permettre l’installation rapide de jeunes pharmaciens afin d’élargir la couverture du territoire en pharmacie » rassure le Ministre de la Santé, Allassane SEÏDOU.

Pour le président du Gerddes-Afrique, Maitre Sadikou ALAO, la lutte est légitime mais le gouvernement du Bénin aura le mérite de la gagner s’il s’attaque au mal à la racine. Autrement dit, il urge la création d’un cadre d’harmonisation au profit des circuits de fabrication et d’importation des médicaments. Il existe en effet poursuit-il, une guerre entre des circuits d’importation Européens notamment Français qui essaient de verrouiller les anciennes colonies et ceux des anglo-saxons qui sont plus libéraux.  Le problème est complexe selon l’avocat du Barreau du Bénin. Il confirme que des officines se ravitaillent sur ce marché noir mais le sens inverse est bien réel.

Dr Franck ADELAKOUN, Secrétaire Général du Conseil national de l’Ordre des Pharmaciens du Bénin salue cette décision du gouvernement du président Patrice Talon et souhaite que de telles actions soient pérennes aux fins de sauver la vie de ses concitoyens. Pour le Pharmacien, la seule personne habiletée à manipuler les médicaments est le pharmacien. Dr ADELAKOUN n’a pas manqué de demander à ses confrères d’éviter de se ravitailler sur le marché noir.  Le gouvernement du Bénin compte aller plus loin dans cette opération d’assainissement dans le secteur pharmaceutique mais l’existence de deux ordres nationaux des pharmaciens pourra t-il faciliter cette volonté politique ?

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