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Bénin : contre la révision de la constitution, le ministre délégué à la Défense quitte le navire Talon

Il était 8h23 au Bénin ce lundi 27 mars lorsqu’à la surprise générale, le ministre délégué en charge de la défense nationale Candide AZANNAÏ a jeté l’éponge. Mais après 11 mois environ passé aux côtés du président Patrice TALON, celui qui aura été son homme de main a décidé d’abandonner le navire. Il l’a fait savoir par le biais d’une lettre de  démission annoncé sur sa page facebook.

Par Romuald HOUNHOUI à Cotonou

Le Président du Parti « Restaurer l’Espoir », Candide AZANNAÏ ne compte pas rester dans le gouvernement Talon jusqu’au premier anniversaire de celui-ci à la tête du Bénin, dès le 06 Avril  prochain. Si nul ne connaît pour l’heure de façon officielle les raisons ayant motivé une telle décision, l’opinion nourrissait tout de même l’envie de voir le désormais ex- ministre de la défense nationale, rompre le silence notamment à la suite des incessantes restrictions de libertés publiques, des violations des dispositions constitutionnelles et du projet de révision de la constitution déposée à l’Assemblée Nationale.

Le suppléant de l’ex ministre devenu Député de la 7ème législature, Guy Dossou MITOKPE, annonçait déjà les couleurs vendredi dernier lors du rejet par les parlementaires Béninois de l’étude en procédure d’urgence du projet de loi constitutionnelle déposée par l’exécutif. Le jeune parlementaire déclarait « Il y a effectivement urgence dans le pays mais pas sur la révision de la constitution. Ce n’est pas le changement qui a engendré la rupture mais la qualité de notre démocratie. »

L’essentiel du message posté par le Concerné

« Face aux derniers développements de l’actualité politique dans notre pays, j’ai décidé de remettre ma démission du gouvernement. La lettre de ma démission dans laquelle j’ai prié Monsieur Patrice TALON, Président de la République, chef de l’Etat, Chef du gouvernement d’accepter ladite démission, lui a été déposée dans son cabinet particulier ce matin à 8h24 minutes » Candide Armand Marie AZANNAÏ.

Regards de quelques acteurs de la Société Civile et des Partis Politiques

Les syndicalistes ayant côtoyé Candide AZANNAï lors de hautes et nobles luttes ces dix dernières années saluent plus ou moins cette décision de l’acteur politique mais le rendent comptables des dérives observées jusque là. Mais ils souhaitent par ailleurs la lumière sur les réels motifs de cette démission.

Pour le Président du Parti pour la Libération du Peuple, Parti de l’opposition, estime que le Bénin traverse une véritable crise de régime et que le chef se doit de tirer les conséquences requises. Léonce HOUNGBADJI invite le président Patrice TALON à écouter son peuple en retirant le projet de révision de la constitution du 11 décembre 1990 et convoquer des assises nationales. Le jeune acteur politique a exhorté par ailleurs l’ensemble des membres du gouvernement à prendre leurs responsabilités pendant qu’il est encore temps afin de sortir le Bénin de l’impasse, politique, sociale et économique.

Pour l’Union Nationale des Magistrats du Bénin, qui a initié très tôt ce lundi 27 Mars, une marche de protestation avec plusieurs forces sociales du Bénin, sur l’Assemblée Nationale à Porto-Novo, pour exiger le retrait du projet de loi constitutionnelle, cet acte posé est à saluer. Le président de l’UNAMAB, Michel ADJAKA pense que « La démission du ministre de la défense nationale, loin d’être un événement banal, est plutôt l’illustration du malaise profond qui s’est accaparé depuis peu le Bénin avec pour conséquences l’affaiblissement des couches sociales les plus vulnérables de la nation et l’enrichissement d’une minorité déjà à l’aise financièrement. ».

Et dans ce cadre, l’UNAMAB projette observer à compter de ce mardi et ce pour 72 heures, une grève d’avertissement. Car dit-elle, le contenu du projet de révision en étude au parlement est un recul des acquis démocratiques et une menace grave sur l’indépendance de la justice au Bénin.

Toujours est-il que l’opinion publique attend avec impatience les véritables motivations de la démission du désormais ex- ministre de la Défense Nationale.

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