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Algérie : à quand le décollage économique ?

Avec ses 200 milliards de réserve de change, elle en fait jalouser plus d’un. Pays aux grandes potentialités économiques, l’Algérie possède tous les atouts afin de parvenir à un développement économique fort et durable. Malgré son aisance financière, le pays enregistre en 2013, un taux de croissance de 3,1 % selon le FMI. Un chiffre certes positif, mais qui reste en deçà de ses capacités et insuffisant pour résorber un chômage qui reste endémique notamment chez les jeunes.

Depuis 1999, le pays a engrangé plus de 700 milliards de dollars grâce aux recettes des hydrocarbures qui représentent 97 % de ses exportations. Une économie mono-exportatrice qui risque de se fragiliser davantage en cas d’un soudain retournement du marché pétrolier. Pour résoudre cette problématique, le gouvernement doit mener une politique de diversification économique, et pourtant celle-ci tarde à venir. La non-maîtrise des circuits d’exportation par les entreprises privées comme publiques, la bureaucratie administrative et bien évidemment la corruption sont autant d’obstacles qui empêchent le pays de mettre sur pieds une économie créatrice de richesse. Ces épineux problèmes ont bien évidemment des conséquences sur le climat des affaires qui reste médiocre.

Un pays qui malgré tout reste un vaste chantier

Et pourtant, malgré ce constat, l’Algérie reste un chantier à ciel ouvert. Routes, lignes de chemin de fer, extension des réseaux AEP, construction de logements ou encore de centres commerciaux, cette réalité ne peut être occultée, l’Etat a bien consenti des investissements massifs durant ces dix dernières années. Des investissements nécessaires pour rattraper un retard accusé pendant la décennie noire vécue par le pays. La construction d’infrastructures pour permettre au pays un décollage économique reste une décision louable, mais l’Etat ne doit pas se contenter d’injecter de l’argent et construire vite, il doit également être stratège.

Un projet économique peu clair

L’Etat algérien souhaite officiellement la pleine participation du secteur privé dans le développement économique du pays, mais ses réflexes interventionnistes hérités des années socialistes sont des actes qui sont en profonde contradiction avec le discours prôné. Nationaliser des secteurs peut être une action stratégique, mais préempter automatiquement et empêcher par exemple, l’acquisition d’une entreprise privée en déclin par une autre structure privée dynamique reste en soi, une décision peu compréhensible et décourageante pour les investisseurs nationaux comme étrangers. La construction de 100 locaux commerciaux par commune pour résoudre le chômage des jeunes reste également une décision inopportune, lorsqu’on connaît l’aspiration des jeunes diplômés à trouver un travail dans leur secteur de prédilection.

De nombreux autres exemples montrent encore le long chemin à parcourir à l’Etat algérien pour devenir un état stratège sachant maîtriser ses dépenses. A ce jour, tout reste donc à faire pour ce pays qui pourtant à tous les atouts pour rejoindre à court terme, le cercle très fermé des pays développés.

Malik Acher

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