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Algérie : l’excédent commercial fond comme peau de chagrin

L’annonce faite par les douanes algériennes a surpris plus d’un observateur. Les onze derniers mois, un peu moins de la moitié de l’excédent commercial de l’Algérie s’est envolé. Alors qu’il y a un an il était de 20,42 milliards de dollars, il n’est plus, cette année, que de 10,22 milliards.

Plusieurs raisons expliquent ces chiffres, la première c’est la chute des exportations durant l’année passée. Le recul est de 9,44% et concerne aussi bien les hydrocarbures que les produits agricoles où l’industrie. Mais dans les faits si c’est la globalité des exportations qui a ralenti, c’est surtout, et avant tout, dû aux hydrocarbures qui représentent plus de 97% des exportations du pays. Durant les 11 premiers mois de l’année l’envoi de gaz et de pétrole a atteint 59,88 milliards de dollars contre 66,13 milliards un an auparavant. La seconde raison est l’augmentation des importations qui ont atteint 49,66 milliards de dollars contre 45,70 milliards en 2012, ce qui représente une hausse de près de 8 ,70%. Enfin, et surtout, c’est le prix moyen du baril qui a diminué en raison de la baisse de la demande mondiale de brut. Le prix du pétrole algérien s’est établi à 108,65 dollars le baril cette année en moyenne, alors qu’il était à 113,37 dollars il y a un an. Malgré des chiffres relativement inquiétants le ministre algérien des Finances, Karim Djoudi, a tenu à rassurer en affirmant que les tarifs actuels du brut étaient suffisants pour financer le déficit du Trésor pour l’année qui se termine.

La dépendance aux exportations d’hydrocarbures inquiète

Mais si les autorités ont voulu se montrer rassurantes, il n’en reste pas moins que les chiffres démontrent une fois de plus la dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures. A chaque baisse ou hausse des tarifs du brut, le pays est directement impacté au niveau des finances, dans des proportions parfois très importantes. D’après les sources officielles algériennes, un baril aux alentours de 70 dollars est encore suffisant pour couvrir le déficit du Trésor, mais dans les faits, les économistes mettent en avant les risques que cela comporte. Depuis quelques années l’Algérie tente de relancer son agriculture ou la production industrielle pour diminuer un peu la dépendance aux exportations d’hydrocarbures, mais sans succès pour le moment. Reste que malgré cette baisse sensible de l’excédent commercial le niveau de l’encours des réserves de change reste très élevé puisqu’il devrait atteindre 224 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.

Lotfi Lounes

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