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Agri-business et agro-industries, deux clefs de la prospérité africaine encore sous-exploitées

Roland Portella, président de la CADE (@Cade.org)

Roland Portella, président de la CADE (@Cade.org)

La demande des consommateurs africains en produits alimentaires transformés augmentent, en raison d’une « modernisation » des styles de vie et d’une augmentation de pouvoirs d’achats  de certaines catégories de population. Mais paradoxalement, le continent africain importerait plus de 40 milliards de dollars de produits alimentaires par an. Analyse de Roland Portella, président de la Coordination pour l’Afrique de demain (CADE).

Afriqueinside. com : Est-ce la transformation agricole et agroalimentaire en Afrique offre de réelles opportunités ?

Les revenus des secteurs agricoles et agroalimentaires en Afrique pourraient connaître une croissance de 300 milliards de dollars annuels actuels à 1000 milliards de dollars annuels d’ici une vingtaine d’années, selon plusieurs analyses d’organismes internationaux de développement. Les professionnels du domaine signalent que les activités de transformation locale de produits primaires agricoles en produits alimentaires offrent un potentiel important en termes d’emplois ruraux et urbains,  de créations de valeurs économiques et sociales. Face à ce potentiel de croissance, des multinationales (Nestlé, Danone, Unilevers, Olam, etc) accélèrent leurs investissements en Afrique, mais des entreprises africaines d’agroalimentaires entendent être compétitives sur « leurs terrains » (SIFCA, Cevital, Four Mills, Laiterie du Berger, etc). Dans ce contexte, bien que chaque pays africain possède ses problématiques particulières, il faut analyser les moyens de  trouver des solutions et débattre sur ces questions.

Afriqueinside. com : C’est pourquoi vous consacrez bientôt un débat sur le sujet ( voire ci-dessous), est-ce que l’objectif est de sensibiliser sur le potentiel de croissance, de création de richesses et d’emplois alors que ces filières de l’agro-industrie, l’agri-business restent inexploitées ?

Nous souhaitons mettre l’accent dans notre nouveau cycle économique sur la structuration et l’organisation des filières de croissance et d’avenir en Afrique. Or les filières de l’agroalimentaire, de la transformation des produits agricoles pour produire des denrées alimentaires, sont l’une des plus prometteuses en terme de création de richesses et d’emplois, notamment pour les plus jeunes. Mais ces différentes filières perdent encore de la valeur car dans certains pays africains où les intégrations et rapprochements entre différents acteurs de la récolte des produits agricoles aux centres de distribution des produits alimentaires, est encore difficilement réalisable. D’après les chiffres qui sont annoncés par des organismes internationaux de développement et généralement corroboré pas des réseaux de professionnels de l’agroalimentaire, les revenus des secteurs agricoles et agroalimentaires en Afrique devraient connaître une croissance de 300 milliards de dollars annuels actuels à 1000 milliards de dollars annuels d’ici une vingtaine d’années. Nous allons essayer de démontrer si ces chiffres correspondent à une réalité, ou du moins examiner quels sont les pays qui ont véritablement déterminé leurs potentiels de croissance des revenus

Afriqueinside. com : Qui sont les acteurs de l’agroalimentaire ?

Nous allons tenter de dresser un panorama des acteurs, des types de structures entre les petites entreprises et les grandes multinationales, ces derniers augmentant actuellement leurs investissements en Afrique. La question est de savoir si les marchés agroalimentaires en Afrique sont équilibrés ou pas entre ces différents acteurs, et surtout comment établir des politiques structurelles permettant de réduire certaines importations déloyales qui déstabilisent les filières locales de production agroalimentaires. De même pour savoir s’il n’y a pas des risques, face à la « modernisation » des classes dites « moyennes » d’une consommation des produits alimentaires trop industrialisé ou d’offres industrielles standardisés, alors que les denrées alimentaires traditionnelles sont plus saints. Un focus devra être fait sur les problématiques de RSE , des politiques de certification et de contrôle des entreprises agroalimentaires afin de diminuer les risques au niveau de la santé.

Afriqueinside. com : Quelles sont les principales difficultés qui entravent la dynamique du secteur agricole et agroalimentaire?

Ce sont dans certaines zones, l’insuffisance des infrastructures de conservation, de stockage et de transport des produits agricoles et des denrées alimentaires ; la manque d’offres de financement pour des PME agroalimentaires. Certains pays africains subissent des pertes de produits agricoles et agroalimentaires de l’ordre de 30% de la production, produits qui se détériorent ou qui perdent de leurs valeurs marchandes. Ces mêmes pays deviennent même des importateurs nets de produits alimentaires alors que le potentiel agricole et agroalimentaire est réel.

La rédaction 

Débat de la CADE  sur la Transformation agricole et Agroalimentaire en Afrique : Potentiels de croissance, organisation des filières, et investissements responsables le lundi 13/10/2014 17:45 de 19h45  au Conseil Supérieur du Notariat à Paris.

Informations et inscriptions : http://www.afrique-demain.org/tout-lagenda-de-la-cade/items/transformation-agricole-et-agroalimentaire-en-afrique-potentiels-de-croissance-organisation-des-filieres-et-investissements-resp

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