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Afrique : les flux illicites épinglés, 854 milliards de dollars de pertes en 40 ans

Sur le point de susciter la polémique et d’amener les pouvoirs publics africains à réfléchir, le rapport Mbeki jette un pavé dans la marre. Ainsi en presque 40 ans, 854 milliards de dollars ont quitté l’Afrique. Le montant représenterait un peu moins de l’ensemble de l’aide publique accordée au continent africain entre 1960 et 2000. Ont participé à la rédaction de ce rapport de prestigieuses personnalités du continent telles que Carlos Lopes, le secrétaire général de la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA), Olesogun Apata, ancien ambassadeur et président de Coca Cola Nigeria, Raymond Baker, Directeur général de Global Financial Integrity, Dr Zainab Bashir El Bakri, ancienne vice président de la Banque Africaine de Développement, ou encore Abdoulaye Bio Tchané, ancien ministre béninois de l’Economie et des Finances, également ancien président de la Banque Ouest africain.

Les multinationales, principales bénéficiaires

Thabo Mbeki, ancien président sud-africain.

Thabo Mbeki, ancien président sud-africain.

Selon le rapport, l’essentiel des transferts illicites proviendrait de l’exploitation des richesses naturelles, pétrole, minerais et métaux précieux, 56% en tout. Principales destinations des flux illicites : les Etats-Unis, l’Europe, le Canada, le Japon, la Chine et l’Inde. En outre, le rapport souligne que la corruption ne représente que 5% des transferts illicites contre 35% pour le crime organisé et 60% pour les multinationales. Les régions les plus exposées sont l’Afrique du Nord avec 38% des flux, devant l’Afrique de l’Ouest avec 28%.

Ainsi, entre 1970 et 1999, l’Afrique a perdu chaque année 22 milliards de dollars pour atteindre ensuite 50 milliards de dollars annuels entre 2000 et 2008. En cause, une gestion opaque des affaires publiques ou privées. Le plus souvent, l’argent est détourné vers des paradis fiscaux. A titre d’exemple, le Nigéria a vu l’équivalent de 76 % des recettes de pétrole de la compagnie nationale détournées entre janvier 2012 et juillet 2013.

Véronique Mansour

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