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Accord à 4 pour geler la production de pétrole, sous conditions

Quatre des principaux pays producteurs de pétrole ont annoncé mardi s’être accordés pour geler leur production de brut mais à condition d’être suivis par d’autres grands exportateurs, un point de blocage potentiel majeur avec l’Iran puisque Téhéran entend au contraire augmenter ses pompages.

Les ministres du Pétrole d’Arabie saoudite, de Russie, du Qatar et du Venezuela ont annoncé cet accord à l’issue d’une réunion impromptue à Doha, la première organisée à un tel niveau de responsabilité depuis plusieurs mois pour tenter de soutenir le prix du baril, tombé le mois dernier à son plus bas niveau depuis 12 ans.

Le ministre saoudien, Ali al Naïmi, a déclaré quant à lui espérer que cet accord serait adopté par d’autres producteurs, au sein de l’Opep et en dehors.

« C’est très important, nous ne voulons pas de fluctuations fortes des cours, nous voulons répondre à la demande. Nous voulons un prix du pétrole stable », a-t-il dit.

Son homologue vénézuélien, Eulogio Del Pino, a précisé qu’il se rendrait mercredi à Téhéran pour des discussions avec ses homologues iranien et irakien.

Le baril de Brent, qui prenait plus 5% à plus de 35,50 dollars en début de journée avant la réunion de Doha, a effacé tous ses gains après l’annonce de ses conclusions et cédait même quelques fractions vers 14h30, à 33,34 dollars tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) était inchangé à 29,51 dollars.

« L’accord (en cas de succès) peut soutenir les cours du pétrole mais il y a des raisons d’être prudent. Tous les membres de l’Opep n’ont pas signé l’accord, notamment l’Iran et l’Irak. L’Histoire suggère aussi que le respect des engagements peut poser problème », a commenté Jason Tuvey, analyste de Capital Economics.

L’IRAN VEUT REGAGNER DES PARTS DE MARCHÉ

L’Iran chiite, principal rival régional de l’Arabie saoudite sunnite, a déclaré ces derniers mois vouloir augmenter fortement sa production de brut, pour tenter de regagner les parts de marché perdues pendant les années durant lesquelles il a subi des sanctions économiques internationales, levées en janvier.

« Notre situation est totalement différente de celles de pays qui ont produit à des niveaux élevés ces dernières années », a déclaré une source iranienne haut placée.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a aussi laissé entendre que Téhéran n’accepterait pas de geler sa production à son niveau de janvier, expliquant que son pays n’entendait pas renoncer à la part de marché qu’il estime lui revenir.

Deux sources non-iraniennes ont toutefois déclaré à Reuters que l’Iran pourrait bénéficier de clauses spécifiques dans le cadre de l’accord sur le gel de la production. « L’Iran est en train de revenir sur le marché et doit bénéficier de conditions exceptionnelles, mais il faut faire certains calculs », a dit l’une de ces sources.

Côté irakien, une source du ministère du Pétrole à Bagdad a déclaré que son pays était disposé à appliquer l’accord, expliquant que « l’Irak est pour toute décision qui contribue à soutenir les prix du pétrole ».

Le fait que les productions saoudienne et russe soit proches de leurs plus hauts historiques complique la mise en oeuvre d’un accord, d’autant que l’Iran dispose d’une capacité non-utilisée d’au moins un million de barils par jour.

La réunion de Doha s’est tenue après 18 mois de baisse des cours du brut, passés de plus de 100 dollars le baril mi-2014 à moins de 30 dollars le mois dernier.

Le Venezuela a été jusqu’à présent le pays le plus durement touché par les retombées de cette chute des prix mais la Russie n’est plus épargnée. Les finances publiques saoudiennes sont elles aussi fragilisées, le royaume ayant subi un déficit de 98 milliards de dollars (88 milliards d’euros) l’an dernier.

Malgré les débats sur la coopération entre Opep et autres producteurs, la Russie a en outre augmenté sa production en janvier, à un nouveau record, à près de 11 millions de barils par jour.

Reuters

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